
« Ah mais non ! Ça ne va pas ! Un peu de retenue. » Huguette Bello, présidente du conseil régional et cheffe de file de l’Union des forces progressistes de La Réunion (UFPR), fulmine contre les déclarations de Manuel Bompard. Pour illustrer la « percée » de son mouvement, le coordinateur de La France insoumise (LFI) a, dans la soirée du dimanche 22 mars, cité l’exemple du Tampon, quatrième ville de l’île (83 000 habitants), située au pied du massif du piton de la Fournaise, où le candidat, Alexis Chaussalet, 32 ans, a renversé la droite alors qu’il se trouvait en ballottage défavorable. « C’est avant tout une victoire de l’UFPR et de notre parti Pour La Réunion [PLR], pas autre chose », rectifie Mme Bello, tout en reconnaissant que LFI est une force alliée. Membre à la fois de LFI et du PLR, Alexis Chaussalet menait une liste d’union de la gauche locale comportant une dizaine de sensibilités.
La mise au point est nécessaire aux yeux d’Huguette Bello, présidente du PLR, tant cette victoire est considérée comme « historique » et « la plus belle de toutes » parmi celles de ce second tour. « Et sans le soutien proclamé du camp socialiste », souligne un cadre du PLR. Impensable, aussi, car Le Tampon est profondément ancré à droite depuis la départementalisation de l’île en 1946. « A droite depuis cent ans », selon l’expression locale. Et dans cette circonscription conservatrice du sud de l’île, composée de quartiers urbains et de secteurs très ruraux, Joseph Rivière est devenu le premier député réunionnais du Rassemblement national aux législatives de 2024.
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