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Figure de la gauche mitterrandienne, Robert Badinter n’en suscite pas moins l’admiration à droite. Le président des Républicains (LR), Eric Ciotti, fait part de sa « profonde tristesse ». « Sa lutte pour l’abolition de la peine de mort restera gravée dans nos mémoires et nos institutions », a précisé sur X (anciennement Twitter) l’ancien candidat à la primaire LR, qui a fait de l’autorité son marqueur politique. La tête de liste de son parti pour les élections européennes François-Xavier Bellamy dresse, lui, le portrait d’un homme « ayant montré que la politique trouve sa noblesse, non dans l’opportunisme qui suit les vents dominants de l’opinion, mais dans l’exigence de justice qui, souvent à contre-courant, s’efforce de convaincre un peuple ». Le chef de fil des sénateurs LR, Bruno Retailleau, issu du courant catholique conservateur, souligne lui « le combat pour la vie humaine » de Robert Badinter, « un talent, une culture et une intelligence mises toutes entières au service de convictions inébranlables ».

Lire aussi la nécrologie | Article réservé à nos abonnés Robert Badinter, l’ex-avocat et ministre qui a aboli la peine capitale en France, est mort

Ces dernières années, Robert Badinter avait suscité les critiques des dirigeants de La France insoumise – comme lorsqu’il s’était offusqué pendant la crise des gilets jaunes que des manifestants paradent avec la tête d’Emmanuel Macron au bout d’un pique ou quand il avait dénoncé « l’antisémitisme camouflé en antisionisme » d’une partie de la gauche. L’hommage est là aussi unanime avec pour socle commun le combat abolitionniste de l’ancien avocat. « Hommage à Robert Badinter qui a fait sortir le pays de l’obscurité avec l’abolition de la peine de mort », a tweeté la cheffe des députés « insoumis », Mathilde Panot, assortissant son message d’une citation du défunt. « Peu importent les désaccords, je n’ai jamais croisé un autre être de cette nature. Il était tout simplement lumineux », renchérit Jean-Luc Mélenchon qui rappelle avoir siégé au Sénat au côté de Robert Badinter de 1995 à 2011.

Un héritage dont se réclame également le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. Il fait part de son « immense tristesse » au lendemain du décès de l’homme qui « fut la cause de son engagement » en politique. A quatre mois des élections européennes, la dirigeante d’Europe Ecologie-Les Verts, Marine Tondelier, rappelle que Robert Badinter était « un Européen convaincu » tandis que le député communiste, Fabien Roussel décrit « un roc insubmersible au service de la défense des valeurs de notre République ».

Tiédeur des condoléances du RN

Ses successeurs à la tête des institutions lui rendent un hommage appuyé. Le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, fait l’éloge de ce « garde des sceaux visionnaire et courageux » qui occupa son poste entre 1981 et 1986, et dont l’héritage est « incommensurable ». Le président du conseil constitutionnel, Laurent Fabius, que M. Badinter dirigea de 1986 à 1995, s’émeut de la mort d’un ami « de cinquante ans ». Le président du Sénat, Gérard Larcher, écrit « [garder] longtemps en mémoire [le] discours pour le 30e anniversaire de l’abolition de la peine de mort », tandis que son homologue au Palais-Bourbon, Yaël Braun-Pivet rappelle que « l’Assemblée nationale restera à jamais le témoin de son combat contre la peine de mort ». « Nos droits et nos libertés lui doivent tant », a résumé Gabriel Attal sur X.

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