
Le ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé, mardi 17 février, sur BFM-TV qu’il n’y aurait « pas d’autres meetings » dans les universités si un risque de trouble à l’ordre public est avéré, après la mort du jeune militant d’extrême droite Quentin Deranque.
« Avec les risques qu’on a aujourd’hui qui sont maintenant tristement très très clairs, évidemment non, il n’y aura pas d’autres meetings de ce type-là dans les établissements » de ce type-là, a déclaré le ministre, précisant avoir envoyé une circulaire aux préfets et aux recteurs en ce sens. Il a toutefois rappelé que la décision reviendrait à la fin aux présidents d’université.
« Des discours qui ont vocation à enflammer les jeunes, à les mettre dans la rue pour avoir des interactions violentes (…), ce n’est pas possible de continuer à avoir ça aujourd’hui au sein des établissements », a également fustigé M. Baptiste.
Des lésions « mortelles à brève échéance »
Le procureur de la République de Lyon a confirmé, lundi lors d’une conférence de presse, l’extrême violence dont a été victime Quentin Deranque. Selon Thierry Dran, l’autopsie pratiquée a révélé que le jeune homme avait subi « un traumatisme crânio-encéphalique majeur » et « une fracture temporale droite ». Pour les experts médico-légaux, « ces lésions étaient au-delà de toute ressource thérapeutique, et mortelles à brève échéance ».
Le niveau de violence et leurs fatales conséquences ont décidé le parquet à poursuivre l’enquête criminelle sous la qualification d’« homicide volontaire », aggravée par trois circonstances : la réunion, la dissimulation des visages et l’usage d’armes par destination.
Les enquêteurs ont entendu une quinzaine de témoins, directement concernés par le déroulement des faits. Des analyses de plusieurs vidéos sont en cours. « Les constatations techniques se poursuivent toujours très activement », a rapporté M. Dran, se refusant à toute autre spéculation en dehors du champ des investigations judiciaires.
Le collectif Némésis, proche de l’extrême droite et se revendiquant féministe, a affirmé que Quentin Deranque avait été agressé par des militants antifascistes dont certains issus de la Jeune Garde, une organisation fondée en 2018 par Raphaël Arnault, aujourd’hui député La France insoumise (LFI) du Vaucluse. Le groupuscule antifasciste a, de son côté, assuré ne pouvoir « être tenue pour responsable » de la mort du militant d’extrême droite, « ayant suspendu toutes ses activités » car elle est visée par une procédure de dissolution.
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Le ministre de l’enseignement supérieur a fait part d’« une immense colère de voir que le discours politique agressif, dur, violent, se transforme en violence physique », estimant que « là, il y a une responsabilité morale de LFI qui est extrêmement forte ».



