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Des forces et surtout pas mal de faiblesses. Les résultats du baromètre annuel de l’attractivité de la France publié, mardi 18 juin, par le Leem, l’organisation professionnelle qui représente les entreprises du médicament, dressent un état des lieux peu réjouissant de la filière. Malgré des efforts, l’Hexagone est encore loin de retrouver sa place de champion européen.

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Les points positifs d’abord. Du côté de l’investissement, les dépenses de recherche et développement dans le secteur du médicament en France se maintiennent à un niveau élevé. En 2023, elles étaient ainsi en légère croissance selon l’étude, s’établissant à 5,9 milliards d’euros. Cette tendance à la hausse s’observe également du côté des investissements de production. Leur montant atteignait un peu plus de 2 milliards d’euros l’année dernière, dont plus de la moitié concernait des investissements dans de nouvelles capacités de production.

Ce constat ne suffit toutefois pas à compenser le retard accumulé depuis deux décennies, notamment sur l’outil industriel. Un chiffre du baromètre illustre particulièrement la situation : seuls 9,4 % des médicaments innovants autorisés par l’Agence européenne des médicaments depuis 2017 comptent au moins un site de fabrication localisé en France, contre 24 % en Allemagne.

« Dynamique cassée »

Autrement dit, l’Hexagone peine à attirer la production de nouveaux médicaments sur son sol. Ces dernières années, le gouvernement s’est attelé à réindustrialiser le pays pour réduire l’écart. Attirer de nouvelles usines nécessite toutefois du temps. « Nous avons réamorcé la pompe, mais il faudra encore quelques années avant que cela ne devienne un geyser. Surtout, il ne faudrait pas que dans les semaines et les mois à venir, cette dynamique soit cassée », observe Thierry Hulot, président du Leem.

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En attendant, la balance commerciale du secteur dégringole. Elle est tombée à 383 millions d’euros en 2023, contre une moyenne de 3,7 milliards d’euros entre 2014 et 2022. Car si la France produit peu de traitements innovants, elle doit tout de même les importer pour soigner ses patients. Au-delà de la dépendance que cela crée en matière d’approvisionnement, ces achats de produits sous brevet coûtent cher, et les exportations de médicaments fabriqués dans l’Hexagone, qui concernent souvent des produits matures vendus à bas prix, compensent de moins en moins. Résultat : l’industrie pharmaceutique, traditionnellement excédentaire, pourrait pour la première fois basculer dans le rouge en 2024, avertit M. Hulot.

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