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Une agricultrice a été tuée, et son mari et sa fille, adolescente, ont été grièvement blessés, après avoir été renversés mardi 23 janvier à l’aube sur un barrage routier d’agriculteurs dans l’Ariège, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de sources concordantes. Dans un communiqué, la préfecture de l’Ariège a fait état d’une « personne décédée » et de « deux blessés graves » dans « un grave accident de la circulation » survenu à 5 h 45 « à hauteur du pont de la RD 119 » à Pamiers « sur les lieux de la manifestation agricole ».

Selon une source policière, une « voiture a foncé sur le barrage pour une raison inconnue ». Une femme « d’une trentaine d’années » est morte, tandis que les blessés graves sont un « homme d’une quarantaine d’années » et une « mineure », selon la même source, qui précise que les « trois victimes se trouvaient sur le barrage ».

Les trois occupants de la voiture qui a foncé sur le barrage ont été interpellés et placés en garde à vue, selon la même source.

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Nécessité de « respecter les consignes de sécurité »

« Les sapeurs-pompiers de l’Ariège se sont immédiatement rendus sur place, rejoints par le service d’aide médiale d’urgence de l’Ariège, qui a engagé une structure mobile d’urgence et de réanimation », a détaillé la préfecture, précisant que « le préfet s’est rendu sur les lieux de l’accident avec le sous-préfet », tandis qu’« un centre opérationnel départemental [a été] activé », et qu’« une cellule de soutien psychologique [a été] mise en place ».

Un peu plus tôt, le président du principal syndicat agricole, à l’origine de la mobilisation, avait annoncé la mort de l’agricultrice au micro de RMC. « Je viens d’apprendre qu’un accident de la route est arrivé dans l’Ariège à Pamiers et que trois de nos adhérents ont subi un grave accident » près d’un point de blocage, avait déclaré Arnaud Rousseau.

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« Dans le moment particulier que vit l’agriculture, ce genre de drame est difficile à vivre », a poursuivi M. Rousseau. L’accident « vient souligner la nécessité qu’on a d’être parfaitement organisés, de faire en sorte de respecter les consignes de sécurité, parce que ce qui est important pour nous est de faire passer nos messages », a-t-il aussi pointé, appelant « tout le monde au calme et à la raison et à faire en sorte que cette colère s’exprime dans le respect des biens et des personnes ».

La mobilisation durera « le temps qu’il faudra » selon la FNSEA

Des agriculteurs français manifestent depuis quelques jours leur mécontentement, notamment par des blocages de route, pour réclamer des mesures allant de la simplification administrative à des indemnisations plus rapides en cas de calamités.

La mobilisation peut durer « une journée », « une semaine » ou « le temps qu’il faudra pour que les réponses soient apportées », a déclaré le président de la FNSEA mardi. « Nous apprenons chaque minute que des points de blocage nouveaux s’ouvrent », a abondé Arnaud Rousseau.

D’après les retours des agriculteurs sur le terrain, il va y avoir « des blocages qui vont s’échelonner tout au long de la semaine, de manière continue ou sporadique en fonction des endroits », a encore précisé le responsable du premier syndicat agricole français, en affirmant que tous les départements seront concernés. « Les choses vont se faire de manière cadencée pour continuer à montrer que ce n’est pas juste un coup de fièvre mais bien un sujet de fond », a-t-il ajouté.

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Lundi soir, le président de la FNSEA a rencontré pendant deux heures le premier ministre, Gabriel Attal, qui s’est engagé à faire des annonces « dans la semaine », aux côtés d’Arnaud Gaillot, président des Jeunes agriculteurs.

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« On ne lèvera pas les barrages tant que le premier ministre n’aura pas fait des annonces très concrètes », a également déclaré M. Gaillot mardi, sur RTL, ajoutant : « On n’a pas intérêt à ce que le mouvement dure dans le temps et s’enlise (…). Les agriculteurs ont des fermes à faire tourner, ils ont autre chose à faire. » Interrogé sur la possibilité de bloquer Paris, Arnaud Gaillot a estimé que ce n’était pas « le but », car « s’il faut en arriver là, ça va devenir usant ». Mais « s’il le faut, potentiellement on y réfléchira et on le fera », a-t-il ajouté.

Nouveaux axes de blocage

Le mouvement s’étend mardi avec de nouveaux blocages sur de grands axes. Vers 4 heures, « une trentaine de tracteurs avec des remorques contenant des bottes de paille et du lisier » ont notamment bloqué la circulation sur l’A7 dans les deux sens, à hauteur de Saint-Rambert-d’Albon, commune située entre Lyon et Valence, selon la préfecture de la Drôme.

Dans le Sud-Ouest, deux nouveaux blocages sont également apparus à une entrée de l’autoroute A64 à Pau et sur l’A63 à hauteur de Bayonne, selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

A Agen, les agriculteurs bloquent toujours mardi l’A62, où ils ont pris position avec des dizaines de tracteurs lundi après-midi. Ils ont demandé audience au préfet de Lot-et-Garonne, qui a accepté de les recevoir. Le trafic ferroviaire reste également perturbé, fait savoir mardi matin le compte X TER Nouvelle-Aquitaine, après que des agriculteurs ont déversé des pneus sur les voies la veille au soir.

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