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Le ministre de l’agriculture, Marc Fesneau, est attendu, samedi 20 janvier, dans des exploitations agricoles alors que se multiplient les manifestations de mécontentement de la profession. Reconduit récemment dans ses fonctions, le ministre est attendu dans l’après-midi dans une ferme du Cher pour échanger « avec l’exploitant sur ses préoccupations, ses problématiques et sur le chantier de simplification lancé par le ministre », selon son cabinet.

A un mois de l’ouverture du Salon de l’agriculture et à l’approche des élections européennes, la multiplication des signes de mécontentement des agriculteurs préoccupe le gouvernement. Les motifs de colère sont diffus : inflation, lourdeurs administratives, ras-le-bol face au sentiment d’être écrasés par des normes nationales ou européennes au nom de la transition écologique…

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Dans un froid glacial, des agriculteurs ont bloqué pour la deuxième nuit d’affilée l’autoroute A64 entre Toulouse et Tarbes, à Carbonne (Haute-Garonne). Les agriculteurs occitans réclament la venue du premier ministre, Gabriel Attal, afin d’obtenir des réponses sur la maladie hémorragique épizootique qui affecte de nombreux bovins. Jeudi, des éleveurs laitiers s’étaient rassemblés devant plusieurs sites de Lactalis dans l’Ouest, dénonçant le prix du lait fixé par le groupe, jugé trop bas.

Sur une série de « sujets brûlants », la profession « attend des réponses très claires avant le Salon de l’agriculture », qui s’ouvrira le 24 février à Paris, a mis en garde le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Arnaud Rousseau, lors de ses vœux. Le syndicat, majoritaire chez les agriculteurs, réunit son conseil d’administration mercredi et devrait être en mesure d’annoncer les actions qu’il compte mener « jeudi prochain », a fait savoir à l’Agence France-Presse (AFP) une source interne à la fédération.

Quant à la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, elle prévoit de se mobiliser le 25 janvier « un peu partout en France » avec des opérations de « bâchage des radars » pour dénoncer « la suradministration », voire des « opérations plus spectaculaires ».

Un projet de loi pour « le renouvellement des générations en agriculture »

« J’entends et je suis très attentif aux expressions des agriculteurs », a assuré vendredi à la Dépêche du Midi M. Fesneau, disant « avoir obtenu un budget historique (…) de 4 milliards pour les trois prochaines années ». Lundi, il sera en Vendée sur le thème de l’eau en agriculture.

Lors de sa conférence de presse du 16 janvier, le président de la République, Emmanuel Macron, a cité l’agriculture parmi les domaines dans lesquels il comptait « accélérer » le « réarmement » du pays. Il « a demandé au ministre de l’intérieur de donner instruction aux préfets d’aller dès ce week-end à la rencontre des agriculteurs » et de leurs syndicats, « au plus près du terrain », a assuré l’Elysée, vendredi.

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« L’un des premiers projets de loi » que présentera le nouveau gouvernement concerne « le renouvellement des générations en agriculture », a fait savoir M. Attal. Ce texte, à l’ordre du jour du conseil des ministres du 24 janvier, prévoit de créer un nouveau diplôme de niveau bac + 3 et un guichet unique pour soutenir les candidats à l’installation. La profession attendait une loi d’orientation plus ambitieuse.

Tête de liste du Rassemblement national aux élections européennes du 9 juin, Jordan Bardella s’est emparé du sujet et a annoncé sa venue samedi dans le Médoc, où il doit rencontrer des vignerons. La veille, il a demandé au premier ministre de « décréter l’état d’urgence agricole » et d’« instaurer le patriotisme économique pour protéger [les] agriculteurs ».

Le Monde avec AFP

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