Tout est consigné au deuxième étage d’un immeuble surnommé « le cocon », situé sur un rond-point de Guéret, dans la Creuse. Dans une pièce du planning familial local, Antoine Vachon sort d’un placard une petite valise vintage grise, des photocopies en noir et blanc, et des affiches plastifiées roses et bleues, toutes titrées « Je me souviens », sur lesquelles sont recopiés les témoignages d’anciens militants de l’association.
Depuis un an et demi, ce Clermontois de 25 ans passe une partie de son temps à retracer l’histoire du planning familial de la Creuse et à ranimer la mémoire de ceux qui ont rendu son existence possible. Il en a rencontré dix, et expose leurs témoignages et archives tout au long du mois de mars au centre social La Palette, à Dun-le-Palestel, à trente minutes de Guéret, pour les 70 ans du Planning familial, créé le 8 mars 1956 sous le nom de « La maternité heureuse ».
Née quatorze ans plus tard, en 1970, l’antenne de Guéret a la particularité d’être l’une des premières à s’être mobilisée pour permettre aux femmes d’avorter en milieu rural. Le combat est d’ailleurs toujours d’actualité pour les trois salariés de l’association, à qui il arrive de faire de la route pour aider des femmes à se rendre à l’hôpital de Guéret, unique lieu de prise en charge de l’IVG dans le département, l’un des moins pourvus en médecins de France.
Les IVG clandestines
L’idée d’exhumer ces documents est née d’une discussion entre deux adhérentes et la mère de l’une d’entre elles, Martine Ponsard, ancienne militante creusoise. « Elles se sont rendu compte qu’il y avait urgence à raconter l’histoire de ce planning rural à travers la voix des personnes encore vivantes », raconte Antoine Vachon, venu s’installer dans la Creuse il y a trois ans, et salarié de l’association depuis un an et demi.
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