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Depuis mi-décembre 2023, l’Union européenne (UE) cherchait à lancer une mission navale de protection de la marine marchande des attaques des rebelles houthistes, au large des côtes du Yémen, dans la mer Rouge, par laquelle passent 70 % des importations européennes en provenance d’Asie. Cette initiative s’inscrirait en complément de l’opération « Gardien de la prospérité », une coalition anti-houthiste mise en place par les Etats-Unis.

Lundi 22 janvier, les vingt-sept ministres des affaires étrangères de l’UE devraient trouver un accord de principe pour créer un tel dispositif. Trois bâtiments européens seront ainsi mobilisés pour défendre la navigation commerciale. Ils pourront abattre les drones et les missiles menaçant des cargos occidentaux, visés pour leurs liens supposés à Israël par les rebelles yéménites, qui disent agir en soutien aux Palestiniens de Gaza.

En revanche, préviennent plusieurs diplomates à Bruxelles, « il n’est pas question de suivre les Etats-Unis et le Royaume-Uni et de bombarder les houthistes au Yémen ». Depuis le 12 janvier, les forces américaines et britanniques ont ciblé à plusieurs reprises des installations militaires des forces houthistes, soutenues par l’Iran.

Vendredi, les Etats-Unis ont encore mené des frappes contre « un missile antinavire houthiste qui était dirigé vers le golfe d’Aden et préparé à être lancé », a déclaré dans un communiqué le commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom). « Les forces américaines ont déterminé que le missile représentait une menace pour les navires marchands et ceux de la marine américaine dans la région, et ont ensuite frappé et détruit le missile », a ajouté le Centcom, qualifiant l’opération d’acte d’« autodéfense ».

Pas une mission de « défense d’Israël »

De fait, si les Européens entendent bien défendre la liberté de circulation, la mer Rouge étant l’une des voies les plus rapides pour rejoindre l’Europe en provenance d’Asie, il n’est pas question pour eux que cette mission soit perçue comme une mission de « défense d’Israël », rappelle un diplomate à Bruxelles. D’ailleurs, si l’Union européenne a pris tant de temps à trouver un compromis, c’est bien à cause de la nature de cette opération.

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« En décembre [2023], l’idée était d’élargir une mission militaire navale européenne existante, Atalante, qui lutte contre la piraterie dans la mer Rouge et l’océan Indien, rappelle un diplomate européen. Mais l’Espagne, qui la dirige, a bloqué le projet. » Soutien du premier ministre Pedro Sanchez, le parti de gauche radicale Sumar, particulièrement hostile à la politique américaine au Proche-Orient, a pesé pour éviter toute participation pouvant être perçue comme pro-israélienne.

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