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Lancé il y a une vingtaine d’années, le projet de l’A69, qui doit relier Toulouse à Castres, a démarré en mars 2023, soulevant une forte opposition des écologistes qui ont créé une « zone à défendre » (ZAD), Crem’Arbre, à Saïx (Tarn), devenue un théâtre d’affrontements violents entre forces de l’ordre et militants zadistes qui défendent la dernière forêt condamnée par le tracé de l’autoroute : l’intervention policière, qui a fait une cinquantaine de blessés, devrait durer plusieurs semaines pour déloger les « écureuils » perchés dans les arbres afin d’empêcher leur abattage.

Un rapporteur spécial des Nations unies, envoyé sur les lieux, a critiqué les méthodes des forces de l’ordre qui visent à priver de sommeil et de nourriture les activistes.

La réalisation de cette autoroute contestée de 53 kilomètres nécessite, en effet, l’abattage de 260 arbres, 366 hectares de sol à bétonner dont 232 hectares de terre agricole, la destruction de 23 hectares de zones humides et 13 hectares de forêt avec la biodiversité qui les accompagne (une centaine d’espèces menacées) : c’est contre cette dévastation environnementale que militants et associations écologistes se sont soulevés.

Un non-sens

Gagner 16 minutes de temps, rouler à 130 km/h et polluer plus, dépenser 500 millions d’euros pour une infrastructure privée à rentabiliser (le trajet aller/retour en coûtera 20 euros), alors que l’amélioration de la route nationale, gratuite, est possible pour un coût économique et écologique nettement inférieur, sans saccage environnemental, est, pour les écologistes, un non-sens.

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Le gouvernement, qui parle de planification écologique, fait voter en juillet 2023 la loi « zéro artificialisation nette » (ZAN) à l’horizon 2050 et veut aussi inscrire dans la loi l’objectif « zéro émission nette » (ZEN), pour atteindre la neutralité carbone en 2050, soutient ce projet, malgré les avis défavorables du Conseil national de protection de la nature, de l’Autorité environnementale, d’experts du Haut-Conseil pour le climat et en contradiction avec la loi Climat et résilience de 2021.

Les quatre recours tentés par les associations ont été perdus, de même que la récente requête auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. Une commission d’enquête parlementaire sur le montage juridique et financier de l’A69 a été créée et doit rendre son rapport en août 2024.

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Derrière ces luttes contre des infrastructures et des équipements contestés (aéroports, fermes – usines, barrages, entrepôts, centres commerciaux, autoroutes, mégabassines…), désignés « projets inutiles » dans le contexte de crise climatique et écologique actuel, dont l’A69 est emblématique, c’est la métropolisation du territoire qui est en cause, mise en question, avec la « mondialisation heureuse » à laquelle elle est associée. Nouvelle figure urbaine, la métropole est devenue, dans le contexte de la mondialisation, le modèle urbanistique dominant inéluctable : « hors de la métropole, point de salut ».

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