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L’ONU exige que Moscou arrête le « transfert forcé » d’enfants ukrainiens vers la Russie

Moscou doit mettre fin au « transfert forcé » d’enfants ukrainiens vers la Russie, fournir des informations à propos de ceux qui en ont déjà fait l’objet et s’assurer qu’ils rentrent chez eux, a réclamé jeudi le Comité des droits de l’enfant de l’ONU.

L’Ukraine estime à au moins 20 000 le nombre d’enfants ukrainiens envoyés de force en Russie depuis le début de la guerre, le 24 février 2022. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré qu’il s’agit « clairement d’un génocide ».

A ce stade, selon Kiev, seuls environ 400 enfants ukrainiens ont été rapatriés. La Cour pénale internationale, à laquelle n’adhère pas la Russie, a émis l’an dernier des mandats d’arrêt contre le président russe, Vladimir Poutine, et la commissaire russe à l’enfance, Maria Lvova-Belova, pour la « déportation illégale » de milliers d’enfants ukrainiens.

En janvier, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, composé de dix-huit experts indépendants, a demandé à Moscou au cours d’un examen périodique de s’expliquer notamment à propos de ces accusations de déportations. Dans leurs conclusions publiées jeudi, les experts exigent que la Russie « mette un terme au transfert forcé ou la déportation d’enfants du territoire ukrainien occupé ».
Ils réclament également que Moscou « fournisse des informations sur le nombre précis d’enfants pris en Ukraine et la localisation de chaque enfant ».

Selon eux, cela est nécessaire pour que « les parents ou représentants légaux puissent retrouver leur trace (…) et s’assurer que les enfants soient restitués à leurs familles et communautés aussitôt que possible ».

La Russie dément les accusations de déportation, assurant que « les placements des enfants évacués sont organisés, d’abord et avant tout, à leur demande et avec leur consentement ».

Lire aussi | Kiev perd peu à peu la trace des enfants ukrainiens déportés en Russie

Le comité, chargé de surveiller comment les pays appliquent la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), avait également exprimé des inquiétudes après des informations selon lesquelles des enfants ukrainiens résidant même temporairement en Russie « sont privés de leur nationalité ukrainienne en violation de leurs droits aux termes de la Convention ».

Les experts soulignent que M. Poutine a pris un décret le mois dernier octroyant la citoyenneté russe avec une procédure simplifiée aux enfants déportés ou ayant fait l’objet d’un transfert forcé.

Jeudi, le Comité de l’ONU a aussi manifesté sa profonde inquiétude à propos de « la responsabilité présumée de (…) Lvova-Belova, dont le mandat est de protéger les enfants, dans le crime de guerre de déportation illégale et de transfert illégal d’enfants depuis les zones occupées de l’Ukraine » vers la Russie. Il a demandé à Moscou d’« enquêter sur les accusations de crimes de guerre perpétrés par la commissaire présidentielle aux droits des enfants ».

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