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Même monseigneur Lacombe, archevêque d’Auch, y a fait allusion lors de ses vœux. C’est dire s’il y avait péril en la demeure ! Au sens propre du terme d’ailleurs, car le nœud de l’affaire et de la polémique qui vient de secouer le Gers, est, en effet, la vente, pour 2 millions d’euros, de l’emblématique château de Castelmore, et ses dépendances agricoles et forestières, communément dit « château de d’Artagnan », sis à Lupiac, village gascon de 300 habitants, entre champs et vallons. Là où le vrai d’Artagnan, Charles de Batz de Castelmore, est né, a passé son enfance et son adolescence, au début du XVIIe siècle.

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Le rachat du château, au bâti très dégradé, partiellement classé en 1933, a fait l’objet d’un improbable duel, d’autant plus symbolique, qu’il opposait le privé et le public. Et c’est l’offre privée, celle d’Yves Claude, PDG d’Auchan Retail, qui souhaite en faire sa résidence personnelle tout en « en lui redonnant ses lettres de noblesse pour que le public le redécouvre à sa juste valeur », qui a été adoubée par la Safer (société d’aménagement foncier et d’établissement rural) du Gers, vendredi 19 janvier.

Une offre préférée à celle des collectivités soutenues par l’Etat, pour qui le château était le pivot d’un projet de développement territorial, économique et touristique, centré autour du héros gascon. Vive émotion sur le terrain, notamment au sein de l’association Autour de d’Artagnan, créée sous l’autorité du préfet du Gers, rassemblant tous les acteurs locaux sensibilisés au potentiel économique et culturel d’Artagnan. En 2022, le conseil départemental (PS) avait déjà fait une proposition de rachat, en vain.

Amertume

Jusqu’au récent coup de tonnerre un an plus tard quand sa propriétaire a donné mandat à la Safer 32 pour la vente du château. Avec un candidat sérieux à la reprise, Yves Claude. Dans l’urgence, les collectivités montent un projet de reprise portée par la communauté de communes d’Artagnan en Fezensac, présidée par Barbara Neto (LR), avec le soutien des députés LIOT et Renaissance, de la région Occitanie et du conseil départemental (PS). Un consensus politique inédit dans le Gers. Mais le choix du PDG d’Auchan Retail par la Safer 32 est avalisé le 19 janvier par les commissaires du gouvernement. Exit le « grand projet ». Sur place, la présidente de la « comcom » exprime son amertume tout en souhaitant « écrire collectivement la suite de l’aventure ».

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Pour Laurent Carrié, préfet du Gers, « l’Etat était mobilisé et le projet public inscrit dans les priorités du contrat de plan Etat-région. Mais la procédure d’attribution ayant été jugée juridiquement conforme, il faut respecter la décision et porter un nouveau projet dynamique ». Sur le terrain, les acteurs continuent de s’interroger sur « l’opacité » du processus de décision concernant « deux offres équivalentes » : « L’une des missions d’intérêt général de la Safer est d’assurer la transparence du marché foncier, résume l’association Autour de d’Artagnan. Or, il n’y a aucune communication de leur part. Sur quels critères, avec quels paramètres, le choix du privé a-t-il été effectué ? La personne de l’acquéreur n’est pas en cause, on veut juste comprendre. »

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