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Mieux vaut tard que jamais. A l’approche du deuxième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, et alors qu’aucune issue à cette guerre dévastatrice sur notre continent n’est en vue, la France et plusieurs de ses partenaires européens paraissent décidés à consolider leur soutien militaire à l’Ukraine et à monter en puissance dans les livraisons d’armes.

Jeudi 18 janvier, le ministre des armées, Sébastien Lecornu, a lancé une « coalition d’artillerie » qui vise à fédérer les efforts des pays alliés pour aider l’Ukraine. Pilotée par la France et les Etats-Unis, elle devrait contribuer à répondre à la grave pénurie de munitions, qualifiée de « problème très pressant » par le ministre ukrainien de la défense, Rustem Umerov, intervenant par visioconférence. M. Lecornu a aussi annoncé la production de 78 canons Caesar pour l’Ukraine et d’une cinquantaine de bombes modifiées pour en faire des quasi-missiles air-sol par mois en 2024.

Pour en savoir plus, lire : Article réservé à nos abonnés Guerre en Ukraine : la France prend la tête d’une coalition destinée à organiser le soutien militaire à Kiev pour l’artillerie

Au cours de sa conférence de presse à l’Elysée, mardi, le président français, Emmanuel Macron, a identifié la guerre en Ukraine et la menace que fait peser Moscou sur la sécurité de l’Europe comme un sujet prioritaire et affirmé sa détermination à « ne pas laisser la Russie gagner ». Le chef de l’Etat a annoncé, pour sa part, la livraison à venir de 40 missiles Scalp et la signature d’un accord bilatéral de sécurité avec l’Ukraine, du même type que celui signé le 12 janvier à Kiev par le premier ministre britannique, Rishi Sunak. M. Macron se rendra lui-même à Kiev en février pour finaliser l’accord franco-ukrainien.

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L’assurance de cet engagement est utile, au moment où le conflit est entré dans une phase particulièrement difficile pour l’Ukraine, avec un front qui ne progresse plus, une Russie passée en économie de guerre pour poursuivre son offensive et un allié américain perturbé par ses enjeux électoraux. Parallèlement à l’annonce par l’OTAN, jeudi, de manœuvres de grande ampleur auxquelles vont participer 90 000 soldats pendant plusieurs mois, ces initiatives traduisent une volonté des alliés de l’Ukraine d’adresser un message de fermeté à la Russie sur la durée.

Mauvaise place

A Paris, ces annonces cherchent aussi à contrer l’image de retardataire qui colle à la France dans l’aide militaire à l’Ukraine. Elles interviennent une semaine après un rappel à l’ordre lancé par le chancelier allemand, Olaf Scholz, qui a regretté que la majorité des pays européens ne contribuent pas suffisamment à l’aide militaire à l’Ukraine.

Ces remarques ont largement été interprétées comme visant, sans les nommer, la France et l’Italie. Lui-même critiqué pour son refus de fournir les missiles à longue portée Taurus, M. Scholz a cependant doublé l’aide militaire de l’Allemagne à Kiev, portée à 8 milliards d’euros en 2024.

La France justifie sa mauvaise place dans le classement – contesté – opéré par un institut indépendant, l’Institut Kiel, par sa politique de ne pas publier les chiffres de ses livraisons d’armes. Le type d’équipements livrés traduirait également une priorité accordée à la qualité sur la quantité. La floraison subite de chiffres annoncés cette semaine montre néanmoins que Paris a jugé utile de rectifier cette image.

Il est temps, en effet, de réagir et de mobiliser l’industrie européenne de la défense, en particulier la très performante industrie française. La perspective du retour possible de Donald Trump à la Maison Blanche ne rend cette priorité que plus urgente.

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Le Monde

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