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Il avait été prévu le 29 juin 2023, soit deux jours après la mort du jeune Nahel M., tué par un policier à Nanterre – une affaire dont est saisie l’inspection générale de la police nationale (IGPN). Reporté, le premier colloque organisé par la « police des polices » s’est finalement déroulé, jeudi 18 janvier, dans l’amphithéâtre Simone-Veil de l’Institut d’études politiques de Paris, rue des Saints-Pères (7e arrondissement). Nouveau hasard malencontreux du calendrier : pendant qu’échangeaient les intervenants, la justice requérait des peines de trois mois à trois ans de prison avec sursis contre les trois policiers accusés d’avoir grièvement blessé Théodore Luhaka à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), en 2017. Dans cet autre dossier emblématique confié à l’IGPN, les enquêteurs s’étaient montrés pour le moins confus à la barre au cours des débats.

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Pour une institution soumise par vocation à une puissante culture du secret, volontiers soupçonnée de partialité dans les enquêtes qu’elle diligente, cette initiative inédite était présentée comme le témoignage d’une volonté de transparence. Pas au point, toutefois, d’en ouvrir les portes à un large public : dans l’assistance se comptaient surtout hiérarques policiers, responsables syndicaux et quelques journalistes spécialisés.

La technicité des échanges plaçait, du reste, l’événement hors de portée des profanes. Du moins a-t-elle permis d’aborder chaque thématique – « le poids de l’image » ou « la corruption et les atteintes à la probité », par exemple – sous l’angle d’une expertise dépassionnée, à l’image des prises de parole sur la question de « l’usage de la force », qui représente toujours une bonne moitié des saisines de l’IGPN.

Lourdes condamnations pénales

Au-delà de la formation des policiers ou des risques procéduraux induits par la médiatisation de certains dossiers retentissants, et de tous les sujets exposés par des policiers mais aussi des magistrates et une – unique – avocate, l’approche comparative menée par Olivier Cahn, maître de conférences en droit à l’université Cergy-Paris et chercheur au CNRS, a apporté un éclairage bienvenu sur la diversité des cultures policières en matière de maintien de l’ordre en Europe. S’appuyant sur les exemples britannique et allemand, l’universitaire a pu dégager les approches distinguant ces deux pays de la France. Ainsi, au Royaume-Uni, les policiers n’hésitent-ils pas à négocier avec l’autorité judiciaire des interdictions préventives de manifester, une pratique impossible en France, tandis que, en Allemagne, la police est habilitée à mener des « visites domiciliaires préventives » et peut nasser des manifestants pratiquement sans contrainte.

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