
Eliott Jabès l’assume : il a décidé de stopper les recrutements de développeurs pour sa start-up de commerce en ligne Stockly en raison des gains de productivité offerts par l’intelligence artificielle (IA). L’entrepreneur préfère renforcer la formation de ses 100 salariés. « On a vu au quatrième trimestre 2025, notamment avec la dernière version de Claude, un vrai saut en matière de productivité. Alors qu’elle augmentait jusqu’alors de 10 % à 50 % selon les cas avec les différents outils d’IA, là on a pu multiplier ce gain par deux ou trois », affirme l’entrepreneur.
Cet exemple reste, pour le moment, une exception en France. Mais il résonne avec tous les plans de réductions d’effectifs, réalisés ces derniers mois, liés à l’essor de cette technologie dans le monde. Fin 2025, pour le seul mois d’octobre, les employeurs américains ont annoncé 153 000 licenciements, dont 31 000 étaient justifiés par le recours à l’IA, selon le cabinet de reclassement Challenger, Gray & Christmas.
A l’heure actuelle, 3,8 % de l’emploi est fragilisé par le déploiement de l’IA générative, selon une étude de la compagnie d’assurance-crédit Coface et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents (OEM) à paraître le 1er avril. « Cette estimation se base sur ce que vivent aujourd’hui les entreprises françaises : on déploie des chatbots, on se sert d’un modèle de langage plus ou moins encadré », décrit Aurélien Duthoit, économiste chez Coface et coauteur de l’étude.
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