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L’affiche du nouveau spectacle de Waly Dia n’aura pas droit de cité dans le métro parisien. Mediatransports, la régie publicitaire de la RATP et de la SNCF, considère qu’une partie du visuel d’Une heure à tuer – le stand-up que l’humoriste et comédien jouera, à partir du jeudi 1er février, au Théâtre de l’Œuvre à Paris – « présente un caractère politique incompatible avec le devoir de neutralité qui s’impose dans les transports publics et pourrait être considérée comme diffamatoire ou injurieuse ». Elle a donc été refusée. La RATP n’aurait-elle pas le sens de l’humour ?

Lire le portrait : Article réservé à nos abonnés Waly Dia, fine lame de la vanne politique

Les yeux fermés, le chroniqueur de l’émission de Charline Vanhoenacker sur France Inter, adepte de l’humour politique, expose sur l’affiche son visage tatoué de phrases et d’une petite cible entre les sourcils. Parmi les thèmes abordés, deux punchlines contreviendraient, selon Mediatransports, aux obligations contractuelles : celle inscrite sur une de ses joues, « Je suis comme l’IGPN, je ne suis pas là pour faire le procès des policiers », et celle notée en bas de son cou, « Macron, c’est comme un père alcoolique, à la maison il te pourrit la vie, dehors il te fout la honte ».

« Conformément à nos conditions générales de vente, explique Alexandra Lafay, directrice de la communication de la régie publicitaire, tout message présentant un caractère politique est prohibé dans les espaces que nous commercialisons, de même que tout visuel susceptible de porter atteinte à l’image ou aux intérêts des opérateurs de transport, notamment en considération de l’actualité ou du contexte social. »

Mediatransports a demandé à l’annonceur, les productions K-WET et Majime, de modifier l’affiche en retirant les deux expressions litigieuses. Les producteurs et Waly Dia ont refusé. Contactés par Le Monde, ils n’ont pas souhaité s’exprimer. « Nous prenons acte de leur refus de retoucher le visuel », indique Alexandra Lafay, pour qui « il ne s’agit ni de jugement de valeur ni de censure mais de l’application de nos règles en matière d’affichage ».

Au nom de la lutte contre le tabac

Ce n’est pas la première fois que des visuels culturels sont interdits dans le métro ou contraints d’être modifiés. En novembre 2021, Mediatransports refusait d’afficher la « une » du magazine Têtu sur laquelle figurait le chanteur Bilal Hassani dans une position iconique, les yeux levés vers le ciel et la tête auréolée de rayons lumineux. La régie publicitaire arguait que cette mise en scène avait « un caractère confessionnel » et pouvait « choquer certains voyageurs ».

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