Répétition de la pièce « L’Astrologue ou les Faux Présages », à Paris, le 27 février. Le metteur en scène Mickaël Bouffard tient son téléphone avec les décors produits par IA devant les comédiens Mathieu Menant et Léa Sorrentino.

Et si Molière n’était pas mort en 1673 ? Et si l’on découvrait aujourd’hui une pièce inédite du dramaturge ? A quoi ressemblerait-elle ? C’est à cette uchronie un peu folle que s’attelle une équipe d’audacieux depuis près de trois ans, à l’aide de l’intelligence artificielle (IA). Tout part d’une rencontre. Lors d’une table ronde consacrée à l’IA et à la création, organisée à Sorbonne Université, à Paris, en octobre 2023, Pierre-Marie Chauvin, vice-président « Arts, Sciences, Culture et Société », croise la route de trois amis parisiens regroupés au sein d’un collectif nommé Obvious : Hugo Caselles-Dupré, Pierre Fautrel et Gauthier Vernier.

« Ce trio d’artistes et chercheurs, pionnier de l’art génératif visuel, avait déjà des contacts avec Sorbonne Université, par le biais de l’Institut des systèmes intelligents et de robotique [ISIR] et le Sorbonne Cluster for Artificial Intelligence [SCAI], se souvient Pierre-Marie Chauvin. J’ai eu une idée : les mettre cette fois en relation avec la faculté de lettres. » Le collectif Obvious fait alors la connaissance de Georges Forestier, grand spécialiste de Molière et fondateur du Théâtre Molière Sorbonne, une école-atelier de « théâtre historiquement informé ». On y fait revivre les techniques anciennes de déclamation et de jeu du XVIIe siècle, ainsi que les costumes et les décors tels qu’ils étaient conçus l’époque.

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