Lindsey Graham, sénateur américain de Caroline du Sud, s’adresse aux partisans de Reza Pahlavi, à Munich (Allemagne), le 14 février 2026.

John Bolton le reconnaît volontiers : il ne sait pas « pourquoi Donald Trump a changé d’avis » au sujet de l’Iran. Ancien conseiller pour la sécurité nationale du magnat pendant son premier mandat (2018-2019), il avait tenté de le convaincre de bombarder ce pays. Sans succès. Aujourd’hui, John Bolton est satisfait, sans se faire d’illusions sur les motivations du président américain. « Trump agit toujours pour la gloire de Trump. Mais il n’a pas préparé le peuple américain à la guerre. Il n’a pas agi comme un leader. Il n’a pas plaidé la cause très étayée d’un changement de régime », explique-t-il au Monde

John Bolton s’interroge sur la solidité de l’engagement présidentiel, révisable d’un simple message sur Truth Social. « S’il renonce aujourd’hui, avec le détroit d’Ormuz encore fermé, il pourrait déclarer victoire. Mais le régime iranien, les Russes, les Chinois et beaucoup d’autres concluront qu’il a une nouvelle fois cédé. »

L’ancien conseiller – inculpé en octobre pour divulgation de documents classifiés, dans une enquête considérée comme un règlement de comptes ordonné par le président – pense que le changement de régime est encore à portée de main. Il regrette que l’administration ne travaille pas plus étroitement avec l’opposition iranienne, même si celle-ci n’est pas unifiée derrière un chef. Il veut croire dans la possibilité de défections majeures dans l’armée régulière et estime que la légitimité de Mojtaba Khamenei, nouveau Guide suprême après son père, ne va guère de soi. « La crise de succession a été précipitée. C’est juste le début de grandes divisions chez les hauts responsables, enfin ceux encore en vie. »

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