
Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé sur le réseau social X, lundi 23 février, que des archives classifiées sur la tentative de coup d’Etat du 23 février 1981 allaient être publiées, cinquante-cinq ans après, sur le site du gouvernement, afin d’être mises « à la disposition de tous ».
« Demain, nous déclassifierons les documents du 23-F afin de solder une dette historique envers les citoyens. Les démocraties doivent connaître leur passé pour construire un avenir plus libre », a-t-il écrit sur son compte.
Le 23 février 1981, le lieutenant-colonel Antonio Tejero avait surgi, accompagné de quelques gardes civils, dans la chambre des députés espagnols, revolver au poing, prenant en otage les élus. Son image – coiffé d’un tricorne de cuir verni, épaisse moustache – est restée célèbre. Selon lui, la tentative de coup d’Etat était faite « au nom du roi » Juan Carlos, successeur désigné par le dictateur Franco lui-même.
« Le mythe fondateur de la démocratie espagnole »
Le souverain, arrivé au pouvoir en 1975 et âgé de 43 ans au moment du putsch, avait passé la nuit à joindre des militaires pour faire échouer le soulèvement. Le général Alfonso Armada, jugé comme étant l’un des principaux chefs de cette tentative de coup d’Etat, fut condamné à trente ans de prison, accusé d’avoir voulu prendre la tête d’un gouvernement militaire chargé d’entraver le cheminement du pays vers la démocratie.
D’après des sources gouvernementales espagnoles, la déclassification des documents sera validée mardi par le conseil des ministres, pour « prendre effet mercredi ».
Pour l’écrivain Javier Cercas, auteur d’Anatomie d’un instant (Actes Sud, 2010), livre consacré au 23-F, l’échec de ce putsch « est le mythe fondateur de la démocratie espagnole » : « Le 23 février 1981, deux siècles d’interventionnisme militaire s’achèvent » en Espagne, estimait-il dans une interview accordée au quotidien El Pais. « La démocratie commence alors vraiment dans notre pays et la Transition [démocratique] et le franquisme prennent fin », poursuivait-il.




