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L’armée israélienne pourra-t-elle gagner sa guerre contre le Hamas sans investir massivement les tunnels creusés par le mouvement islamiste sous la bande de Gaza ? La question hante l’état-major de l’Etat hébreu depuis le lancement de son opération terrestre dans l’enclave palestinienne, le 26 octobre 2023. « La moitié du territoire de Gaza-Nord a été détruite par les bombardements israéliens, mais le réseau de tunnels reste intact pour le moment », s’inquiète une source militaire française.

Jusqu’ici, l’armée israélienne estimait à environ 400 kilomètres l’étendue du dispositif édifié sous Gaza. Mais ses premières incursions souterraines ont montré que ce chiffre était sous-évalué et que le réseau de galeries pourrait être deux fois plus important, l’équivalent de près de quatre fois le métro de Paris. « L’ampleur des réseaux clandestins du Hamas pourrait, une fois ceux-ci entièrement découverts, dépasser tout ce à quoi une armée moderne a jamais été confrontée », estime John Spencer, responsable des études sur la guerre urbaine au Modern War Institute, dans une note publiée le 18 janvier.

Alimenté en eau et en électricité, desservi par une ventilation mécanique ou naturelle, ce labyrinthe de bunkers et de tunnels sert de refuge aux hommes du Hamas, mais abrite également des postes de commandement, des stocks de munitions, des ateliers d’armement… Les 136 otages encore aux mains du mouvement islamiste (31 ont été déclarés morts par l’Etat hébreu) y seraient aussi retenus. Surtout, ce réseau fait peser une menace permanente sur les arrières de l’armée israélienne, qui ne peut jamais être sûre que des combattants palestiniens ne surgiront pas du sol dans les territoires qu’elle vient de conquérir.

Lire aussi le reportage : Article réservé à nos abonnés A Gaza, avec l’armée israélienne : « Chercher les tunnels du Hamas, et les détruire »

Depuis le lancement de son opération « Epée de fer », Israël utilise des bombes à charge pénétrante, notamment des GBU-28 fournies par les Etats-Unis, pour atteindre les tunnels et puits d’accès du réseau palestinien. Mais celles-ci seraient largement inefficaces. « Détruire un abri bétonné et ferraillé situé au-delà de 20 mètres de profondeur est quasi impossible depuis l’extérieur », affirme un officier du génie français, rappelant qu’« aucun PC serbe enterré n’a été détruit durant la guerre en ex-Yougoslavie ». Selon l’armée israélienne, certains souterrains du Hamas seraient situés jusqu’à 70 ou 80 mètres de profondeur.

« Le piégeage est omniprésent »

Pour déloger les combattants palestiniens du « métro de Gaza », comme est surnommé ce dédale souterrain, différents experts préconisent d’inonder les galeries. L’armée israélienne a indiqué, le 30 janvier, avoir commencé à envoyer de « gros volumes d’eau » dans les tunnels situés dans le sud de l’enclave. Mais l’étendue du réseau est telle que les militaires occidentaux doutent de l’efficacité d’un tel dispositif. Sans parler du risque de contamination des rares nappes phréatiques de la région si de l’eau de mer devait être utilisée.

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