Meilleures Actions
Histoires Web lundi, mars 4
Bulletin

Après la primaire républicaine du New Hampshire, la course à l’investiture présidentielle républicaine apparaît comme presque jouée alors qu’elle vient tout juste de commencer. Une majorité significative d’électeurs conservateurs veut manifestement donner une nouvelle chance à Donald Trump en dépit des revers électoraux subis sous son égide et de son rôle dans la dangereuse contestation des résultats de la présidentielle de 2020.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Présidentielle américaine 2024 : défaite dans le New Hampshire, Nikki Haley s’engage à poursuivre son duel avec Donald Trump pour l’investiture républicaine

L’ex-homme d’affaires est plébiscité alors qu’il s’est toujours refusé à rendre des comptes. L’ancien parti de la loi et de l’ordre s’est rangé derrière celui qui a foulé aux pieds ces principes avec le plus de constance. Loin d’empêcher son retour, les procès auxquels il doit faire face ont au contraire accentué un réflexe clanique, voire sectaire, au bénéfice de celui qu’une publicité de campagne présente, au premier degré, comme un « don de Dieu ».

Cet aveuglement condamne à l’échec la candidature de l’ancienne gouverneure de Caroline du Sud, Nikki Haley, en dépit d’un parcours exemplaire. Les intentions de vote mesurées à ce jour montrent que cette dernière serait pourtant la garantie d’une victoire écrasante face au président sortant, Joe Biden, le 5 novembre.

Car celui-ci, en dépit de son engagement de 2020 d’être un « pont » vers une nouvelle génération de responsables démocrates, a choisi au contraire d’affronter de nouveau le même adversaire. Il est en effet convaincu qu’il peut rééditer sa victoire d’il y a quatre ans.

Ce double entêtement est une mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis, et bien au-delà, compte tenu de leur poids dans les affaires du monde. Le principal reproche adressé à Joe Biden est en effet son âge, qui explique des coups de fatigue que ses détracteurs présentent comme des indices de sénilité. Donald Trump, qui aura 78 ans en juin, peut difficilement se présenter comme une fringante alternative, d’autant qu’il vient lui aussi de nourrir les interrogations en confondant inexplicablement lors d’un meeting de campagne son adversaire républicaine avec l’ancienne speaker (présidente) démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Cet état de fait et les échéances judiciaires qui l’attendent, que ses avocats s’évertuent à repousser après la présidentielle, et une éventuelle victoire qui le placerait de nouveau au-dessus des lois, font que la campagne présidentielle à venir sera à coup sûr la plus étrange de l’histoire des Etats-Unis.

Lire aussi | Le calendrier de la présidentielle américaine 2024 : les grandes dates des élections et des procès de Donald Trump

Son issue s’annonce d’autant plus incertaine que le candidat conservateur semble moins enclin que jamais à accepter le verdict des urnes et qu’une masse critique sans cesse croissante d’électeurs républicains juge avoir besoin d’un dirigeant qui soit prêt à enfreindre les règles au nom du redressement du pays.

La campagne présidentielle devrait être l’occasion d’une bataille d’idées, de perspectives volontaristes et optimistes. Bien des défis se présentent, notamment sur le climat, dont l’ancien président ne parle jamais. Mais si les choses restent en l’état, les électeurs des Etats-Unis devront faire leur deuil du « rêve américain ». Ils n’auront le choix en novembre qu’entre la dénonciation du carnage qui se serait abattu sur leur pays, au mépris des faits, et la mise en garde contre un risque d’affaissement démocratique hélas étayé par les diatribes de Donald Trump.

Écouter aussi La menace « Trump » sur la démocratie américaine

Le Monde

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.