Histoires Web mercredi, février 18
Les sports d’hiver, de la romantisation de la montagne aux classes de neige, une histoire culturelle qui touche à sa fin

Un mot dans l’air. Après l’édition de Milan-Cortina, qui dure jusqu’au 22 février, les Jeux olympiques (JO) d’hiver se tiendront dans les Alpes françaises en 2030. Un retour au berceau pour cet événement sportif dont la première édition a eu lieu en 1924 à Chamonix (Haute-Savoie). Un siècle s’achève, donc, pour les JO d’hiver, alors que le prochain reste à inventer. De l’aveu même du comité d’organisation qui ne cesse de promettre une olympiade écologiquement vertueuse, rien ne sera plus pareil : le réchauffement climatique apparaît comme une menace existentielle pour les Jeux. Et, au-delà, pour ce curieux objet que sont les sports d’hiver, dont le modèle allie activité physique et manne touristique.

Ces pratiques de glisse et de glace, que sont le ski, les sports de patin (hockey sur glace, patinage…) et le tobogganing (luge, bobsleigh…), nous semblent si naturelles aujourd’hui que la greffe dont elles procèdent a été occultée. Cette importation a eu pour préalable une évolution lente des sensibilités. Décrite traditionnellement comme un milieu hostile, la montagne « se charge, à partir du XVIIIᵉ siècle, sous l’influence notamment du courant romantique, de nombreuses vertus et devient désormais un espace “sublime” », explique Bertrand Larique, auteur d’une thèse d’histoire sur l’économie du tourisme.

Au fil du XIXᵉ siècle, la montagne se transforme en un lieu désirable. Excursionnisme, alpinisme et thermalisme se développent. Bientôt arrive le ski : de premiers concours ont déjà lieu depuis le milieu du siècle dans les pays nordiques, et en particulier en Norvège, où le pionnier Sondre Norheim (1825-1897) vient d’inventer les skis modernes. Le plaisir de la glisse se diffuse en Europe, et la greffe prend en France sous l’impulsion d’une institution inattendue : l’armée, qui crée de premiers bataillons de chasseurs alpins en 1888 pour surveiller sa frontière avec l’Italie.

Valoriser l’or blanc

Il vous reste 65.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Exit mobile version