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Il est le jeune visage écologiste du parti Les Républicains (LR). A bientôt 31 ans, Antoine Vermorel-Marques a le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) comme livre de chevet, mais possède aussi un compte sur TikTok, le réseau social préféré des préadolescents et des clients de Shein, ce géant chinois de la « fast fashion » (« mode jetable ») en ligne. Le député de la Loire raconte sa plongée dans les « hauls » Shein, vidéos en ligne où les influenceuses montrent leurs achats dans des mises en scène rémunérées.

Toujours enthousiastes, elles ouvrent des cartons entiers de vêtements pour vanter un des 470 000 modèles disponibles du site. Avec un prix moyen estimé à 7 euros par article et des milliers de nouveautés proposées tous les jours, avec l’aide de l’intelligence artificielle, pour cibler les envies des acheteurs, Shein pousserait à la surconsommation. « On est sur de l’usage unique, de l’ultra “fast fashion”. C’est “j’achète mon t-shirt, je le porte une fois et je le jette à la poubelle” », dénonce Antoine Vermorel-Marques.

Mardi, l’élu doit déposer une proposition de loi au titre évocateur : « Démoder la “fast fashion” avec un système de bonus-malus ». Ce texte doit être débattu début mars lors d’une semaine transpartisane à l’Assemblée nationale. Selon le député LR, le sujet parle aussi bien « à la droite qu’à la gauche car il s’agit de réconcilier réindustrialisation et écologie ». Né et élu à Roanne (Loire), ce fils d’agriculteur connaît la riche histoire textile de sa commune, avec les délocalisations des années 1980 et ce retour de flamme récent avec « la mode écoresponsable ».

Lire aussi le reportage : Article réservé à nos abonnés Shein, le nouveau géant de l’« ultra fast fashion » aux méthodes peu reluisantes

Or, ce courant de consommation plus durable est menacé, selon lui, par un acteur comme Shein, qui représente un cinquième du marché de la mode rapide dans le monde et devance déjà des marques pionnières comme Zara et H&M. « Si on importe des produits avec des normes sociales et environnementales comparables aux nôtres, je n’ai pas de problème majeur. Mais ce n’est pas le cas avec Shein, par exemple », explique Antoine Vermorel-Marques. L’élu cite une étude réalisée par Greenpeace. D’après l’analyse de 42 vêtements achetés en Autriche, en Allemagne, en Italie, en Suisse et en Espagne, 15 % d’entre eux contreviennent à la législation européenne sur les produits chimiques, selon l’association de défense de l’environnement.

« Passeport textile »

Sans prononcer le mot de protectionnisme, M. Vermorel-Marques souhaite mettre en place un « passeport textile pour soutenir nos entreprises » et pénaliser une concurrence étrangère « trop souvent irrespectueuse des droits du travail, du respect de notre environnement et de la santé de ses clients ». Sa proposition de loi introduit une notion de seuil (mille nouveaux produits par jour) pour cibler les acteurs dont l’impact environnemental est le plus significatif afin de les soumettre à des obligations spécifiques. L’instauration d’un malus « fast fashion » doit permettre de financer un bonus pour les marques plus responsables, comme celles de l’industrie textile française.

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