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Histoires Web mercredi, février 21
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L’un des traits de la Silicon Valley est qu’elle se pique de philosophie. Au-delà du chiffre d’affaires mesuré en nombre de clics, ses figures de proue ont toujours affiché des prétentions élevées : changer la vie (Steve Jobs), le monde (Mark Zuckerberg), et même la mort (les transhumanistes).

Tendance du moment : le techno-optimisme. Après avoir courbé l’échine sous le poids des révélations sur leur mercantilisme et la désinformation qui circule sur les plates-formes, les « monarques » de la tech contre-attaquent, pas mécontents de surfer sur la vague de l’intelligence artificielle. « Il est temps, une fois de plus, de hisser le drapeau de la technologie, proclame l’investisseur Marc Andreessen. Il est temps d’être techno-optimistes. »

Marc Andreessen, 52 ans, a cofondé Netscape, l’ancêtre des navigateurs Web en 1994, avant de le revendre à AOL en 2003. Ses investissements, toujours dans le tiercé gagnant (Facebook, Airbnb, etc.) ont fait de lui un milliardaire en vue. Ses prises de position libertariennes lui ont valu l’étiquette d’« idéologue en chef de l’élite de la Silicon Valley », selon le New York Times. Pour lui – comme pour son portefeuille, estimé à 1,8 milliard de dollars -, la technologie est « l’unique source de croissance perpétuelle ». Grâce aux machines, « nos descendants vivront dans les étoiles », promet-il.

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Dans son viseur, Marc Andreessen cible les Cassandre qui engendrent le ressentiment à l’ère de l’IA. « On nous dit que la technologie prend nos emplois, diminue nos salaires, accroît les inégalités, menace notre santé, ruine l’environnement, dégrade notre société, corrompt nos enfants, altère notre humanité, menace notre avenir », énonce-t-il dans un manifeste (The Techno-Optimist Manifesto), publié le 16 octobre 2023. Selon lui, cette « campagne massive de démoralisation » porte des noms variés : « durabilité », « objectifs de développement durable », « principe de précaution », « décroissance » A l’opposé, l’investisseur loue les supermen de la technologie. Grâce à eux, l’homme « ne vit plus dans des huttes » en s’attendant chaque jour à ce que « la nature le tue ».

Le nouveau cri de la tech

Marc Andreessen se revendique du mouvement de l’« accélérationnisme efficace », dont le porte-drapeau est un ancien de Google, le Canadien Guillaume Verdon, alias Beff Jezos sur les réseaux sociaux. Une sous-culture qui n’a que mépris pour les « doomers », qui craignent l’apocalypse électronique, et les « decels », partisans de la « décélération » de l’IA et d’une réglementation étatique.

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