Sous un ciel déjà printanier, le marché d’Auteuil, dans le 16e arrondissement de Paris, s’étire en rangées calmes où se mêlent conversations feutrées et gestes familiers. « Poire, 3 euros le kilo », lance un maraîcher, sa voix glissant entre les étals comme un refrain ordinaire. Mercredi 18 mars, à quatre jours du second tour des élections municipales 2026, l’agitation politique semble encore tenue à distance, mais elle affleure dans les échanges, dans ces apartés entre clients et commerçants, dans les regards qui s’attardent.
A l’entrée du marché, la campagne s’incarne plus nettement avec les équipes des candidats qui glissent inlassablement un tract à chaque passant. « Le marché est le meilleur endroit pour rencontrer du monde et convaincre des électeurs », glisse Véronique Baldini, conseillère de Paris (Les Républicains), en tendant un tract pour Rachida Dati (Les Républicains, LR). Ici, dans un arrondissement où la candidate a recueilli 50,17 % des suffrages au premier tour, militants et bénévoles quadrillent les accès.
« On est dans un territoire acquis, mais il faut transformer l’essai », résume David Alphand, coprésident du groupe « Changer Paris ». « L’accueil est bon, mais rien n’est jamais joué. » A l’heure des campagnes numériques et des débats télévisés, le tract sur les marchés reste un des meilleurs moyens de discuter programme et d’être « à portée d’engueulades ».
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