Nombre de nouveaux maires élus devront s’atteler au dossier des meublés de tourisme, car la France en est le premier marché européen. Par les quatre plus grandes plateformes et leurs filiales (Airbnb, Booking, Tripadvisor et Expedia), le nombre de nuitées réalisées en France devrait dépasser 200 millions en 2025, selon Eurostat – pratiquement autant que dans l’hôtellerie classique (mais encore derrière l’hébergement de plein air). La hausse sur un an dépasserait 10 %, après un gain de 17 % en 2024 et de 16 % en 2023… Plus de 1 million de biens sont loués, de quelques jours à toute l’année, répartis sur près de 30 000 communes (contre environ 5 500 pour les hôtels). Les revenus bruts des propriétaires devraient avoisiner les 8 milliards d’euros.
Le marché français est cependant singulier. Contrairement à la plupart des autres pays touristiques, il est dans une large mesure domestique : les résidents français réalisent 60 % des nuitées. Paris, première destination européenne, loin devant Rome, et Nice font cependant figure d’exception, avec une large majorité d’étrangers, notamment anglo-saxons.
Cette dimension franco-française rend d’autant plus étrange l’incapacité de faire émerger une plateforme française leader, mais elle permet de comprendre la lenteur du législateur malgré les effets cachés qu’engendre ce marché : le réguler touche à la fois les propriétaires de biens et les nombreux touristes hexagonaux qui apprécient, notamment depuis le Covid-19, un hébergement indépendant.
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Une vaste littérature académique décrit le rôle des grandes plateformes dans le surtourisme, la concurrence pour l’hôtellerie classique, l’effet inflationniste sur les loyers et les prix immobiliers, y compris loin des pôles touristiques habituels (voir par exemple, sur la Corse, Brunstein et al., 2025). Nombre de communes doivent gérer une pénurie de logements résidentiels comme des flux de déchets supplémentaires.
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