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Histoires Web mercredi, juillet 17
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Le 5 septembre 1972, les Jeux olympiques (JO) de Munich sont la cible d’une attaque terroriste. Un commando de l’organisation palestinienne Septembre noir prend en otage des membres de la délégation des athlètes israéliens en plein cœur du village olympique. Le bilan de cet attentat est lourd : onze otages trouvent la mort.

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Les zones d’ombre qui entourent l’intervention mal coordonnée de la police allemande sur le tarmac de l’aéroport Fürstenfeldbruck ont fait de ce drame un « cold case » nimbé d’un épais mystère. Dans une enquête fouillée, Eric Champel, ex-journaliste d’investigation à L’Equipe, a tenté de traquer ces Fantômes de Munich (Solar, 224 pages, 19,90 euros).

Plus de cinquante ans après ce drame, la chape de plomb n’a pas encore été complètement levée en Allemagne : une commission d’historiens est chargée d’élucider d’ici à 2026 ce dossier sur la base d’archives encore classifiées outre-Rhin, mais aussi en Israël et aux Etats-Unis.

« La fin de l’idéal olympique »

Négligences, manquements et déni des autorités allemandes, rôle du Mossad, le service du renseignement extérieur israélien, couverture médiatique de l’événement et onde de choc politique en France… D’une plume alerte, l’auteur reconstitue le puzzle de cette sombre journée, tout en narrant le parcours des protagonistes-clés de cette intrigue.

Une galerie de portraits éclairante : l’opiniâtre Ankie Spitzer, veuve de l’entraîneur des escrimeurs israéliens, qui finit par apprendre le nom de l’assassin de son mari ; la lanceuse de javelot Ruth Fuchs, première championne olympique élue au Bundestag ; Georg Sieber, expert en psychologie à la préfecture de police de Munich ; le très controversé président américain du Comité international olympique, Avery Brundage, partisan de la reprise de la compétition juste après l’attentat.

A quelques semaines du coup d’envoi des JO de Paris 2024, l’ouvrage a le mérite d’évoquer les répercussions de l’attentat de Munich sur le mouvement olympique. « Les Jeux de 1972 ont sifflé la fin de l’idéal olympique et coupé les liens avec une chimère qui voulait nous faire croire à une double imposture, analyse l’auteur. Qu’un stade pouvait être un sanctuaire de paix, et le sport, une zone franche, à l’abri des soubresauts de l’univers. »

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L’ouvrage revient en profondeur sur le contexte diplomatique de ces JO de Munich, entre dopage institutionnalisé en République démocratique allemande et âpre concurrence entre les blocs de l’Ouest et de l’Est sur le terrain sportif. Il met également en perspective d’autres attentats terroristes (le 13 novembre 2015 en France, l’assaut sanglant du Hamas en Israël du 7 octobre 2023) ainsi que des menaces ayant pesé sur des compétitions, comme l’Euro 2016 dans l’Hexagone.

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