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« Lutter contre la guerre de l’Union européenne [UE] contre l’agriculture » : c’est sous cet intitulé que l’institut hongrois Mathias ­Corvinus Collegium (MCC), généreusement financé par le gouvernement du nationaliste Viktor Orban et présidé par son conseiller politique, Balazs Orban (un homonyme sans lien de famille), organise une conférence, mercredi 24 janvier après midi, à Bruxelles, à laquelle doit participer Véronique Le Floc’h, la présidente de la Coordination rurale.

Le même jour, le syndicat agricole français a appelé ses troupes à manifester dans la capitale belge, place du Luxembourg, devant le Parlement européen, pour dénoncer « les excès de la politique agricole commune [PAC] ». D’autres délégations, venues de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Italie, d’Irlande et de Hongrie, sont attendues, alors qu’entre blocages d’autoroutes et défilés de tracteurs, les mouvements de protestation se multiplient sur le vieux Continent.

A moins de six mois des élections européennes, prévues du 6 au 9 juin, la colère des agriculteurs s’invite dans une campagne qui commence à peine et qui, pour l’heure, voit les partis d’extrême droite et nationalistes monter dans les sondages. Dans ce contexte, les Européens le savent, il y a urgence à circonscrire le mouvement et à désamorcer les tensions.

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Mardi 23 janvier, les ministres européens de l’agriculture, réunis à Bruxelles, ont consacré un long débat au sujet, avant que, jeudi, la Commission lance un « dialogue stratégique », qui a pour objectif d’apaiser les débats que la transition écologique fait naître dans les fermes et autres exploitations européennes.

« La voix des agriculteurs doit être entendue »

« L’extrême droite tente d’utiliser les agriculteurs comme levier politique. Il faut les défendre sans manipulation politique », s’est agacé le ministre espagnol Luis Planas. Avant de poursuivre : « il aurait fallu que ce dialogue soit entamé quand la nouvelle PAC ou les propositions du Pacte vert ont été présentées. Mais il n’est jamais trop tard si c’est mené correctement. La voix des agriculteurs doit être entendue. »

De fait, cela fait plus d’un an que le monde rural envoie des signaux de mécontentement, évoquant l’inflation qui l’asphyxie, les produits ukrainiens qui entrent librement sur le marché intérieur et lui causent une concurrence déloyale ou encore la multiplication des normes écologiques qui lui gâche la vie. En Italie, en Suède, aux Pays Bas, l’extrême droite a remporté des élections en portant, notamment, ses récriminations.

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