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Après les voitures et les véhicules utilitaires légers, qui ne pourront plus sortir des usines équipés d’un moteur thermique après 2035, les Européens se sont entendus sur le sort des camions et des bus. Jeudi 18 janvier, les Vingt-sept et le Parlement européen sont parvenus à un accord pour réduire quasiment à néant les émissions de CO2 des poids-lourds qui seront mis sur le marché en 2040.

« C’est un enjeu majeur car le transport routier est responsable de 20 % des émissions de CO2 de l’Union européenne (UE) », explique Pascal Canfin, président de la commission environnement du Parlement européen, qui se félicite qu’avec ce texte, « on continue la décarbonation de la route ».

Les émissions de CO2 des poids lourds neufs de plus de 7,5 tonnes ainsi que des bus qui circulent entre plusieurs villes devront être réduites de 45% d’ici à 2030 (par rapport à 2019), de 65% d’ici à 2035 et de 90% d’ici à 2040. Contrairement à ce qui a été décidé pour les voitures, il était très difficile d’imposer à ce secteur la neutralité carbone. En effet, aujourd’hui seulement 1 % des camions fonctionnent à l’hydrogène ou à l’électrique, alors que plus de 10 % du parc automobile, avant la législation européenne, roulait déjà sans émettre de CO2. La marche à franchir est donc nettement plus haute.

« Travailler l’aérodynamisme »

A compter de 2035, ces objectifs s’imposeront également aux véhicules professionnels, comme les camions poubelle ou de construction. Quant aux remorques et aux semi-remorques, ils devront réduire leurs émissions de respectivement 7,5 % et 10 % d’ici à 2030, « ce qui peut se faire en travaillant l’aérodynamisme de leur conception », confie une source. Seuls les petits camions, entre les utilitaires et les poids lourds, ne sont pas concernés par cette nouvelle législation. Les tracteurs y échappent aussi. « Au total, le texte couvre 98 % du marché du camion », poursuit cette source.

Pour l’ONG Transport & Environment (T&E), la feuille de route européenne signifie qu’« environ 30 % des camions vendus en 2030 et au moins 75 % de ceux qui le seront en 2040 seront zéro émission ». L’Italie, qui a tenté d’obtenir une dérogation pour les camions roulant avec des carburants alternatifs (synthétiques ou bio carburants), n’a pas obtenu gain de cause mais la Commission s’est engagée à étudier le dossier plus tard. A part le constructeur Iveco, aucun industriel du secteur n’en voulait. « Les négociateurs ont résisté au lobbying de l’industrie du carburant fossile », se réjouit T&E.

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