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Les efforts réels mis en œuvre pour décarboner le système énergétique ne se traduisent pas encore par une diminution des émissions mondiales de CO2 liées à ce secteur. Mais le déploiement massif des énergies renouvelables et des technologies bas carbone a bien permis de limiter leur augmentation au cours des dernières années. Ce constat est confirmé par les chiffres pour 2023 que publie, vendredi 1er mars, l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

En 2023, les émissions du secteur de l’énergie, c’est-à-dire celles liées à la combustion d’énergie fossile (charbon, pétrole et gaz) et aux procédés industriels, ont atteint, une fois encore, un nouveau record (37,4 milliards de tonnes). Paradoxe, ce sont notamment des conséquences du dérèglement climatique, provoquées par la combustion de fossiles, qui expliquent cette hausse : des sécheresses extrêmes et prolongées ont frappé plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la Chine, provoquant une chute de la production hydroélectrique.

Pour pallier cette baisse, ces pays ont dû avoir recours à davantage de combustibles fossiles pour produire de l’électricité, ce qui a généré 170 millions de tonnes de CO2 supplémentaires. Selon l’AIE, sans cette production hydroélectrique « inhabituellement faible », les émissions mondiales de CO2 liées à la production d’électricité – et non d’énergie – auraient diminué en 2023. Les températures douces en 2023, qui a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, ont toutefois également permis de limiter le recours à l’énergie pour se chauffer.

Reprise économique post-Covid-19 en Chine

Le rebond du trafic aérien mondial, qui a grimpé de 35 % en 2023 par rapport à 2022, et la poursuite de la reprise économique post-Covid-19 en Chine, contribuent également significativement à la hausse des émissions. La Chine est pourtant un acteur majeur du déploiement des technologies bas carbone, puisqu’elle est à l’origine d’environ 60 % des nouvelles capacités installées dans le domaine du solaire, de l’éolien et des véhicules électriques en 2023. Mais ces développements spectaculaires n’ont pas suffi à répondre à la forte hausse de la demande en énergie.

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Si le bilan global n’est pas bon, l’Agence internationale de l’énergie souligne que le déploiement sans précédent de ces technologies bas carbone observé en 2023 a tout de même permis d’éviter un recours encore plus important au pétrole, au gaz et au charbon. Si les émissions ont augmenté de 410 millions de tonnes (+ 1,1 % par rapport à 2022), la croissance est moins importante qu’en 2022 (+ 490 millions de tonnes). Et, sur les cinq dernières années, sans recours aux énergies bas carbone, la hausse globale des émissions de CO2 du secteur aurait été trois fois plus importante, estime l’AIE.

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