
C’est l’une des conséquences directes de l’escalade des tensions entre les pays du Golfe et l’Iran, sur fond de guerre déclenchée contre la République islamique par Israël et les Etats-Unis. Depuis le 23 mars, les Emirats arabes unis (EAU) ont annulé des permis de résidence d’Iraniens se trouvant à l’extérieur du pays, selon les témoignages recueillis par Le Monde. Ces annulations, initialement limitées aux visas d’étudiants, de travail et familiaux, se seraient étendues aux propriétaires d’entreprises et à certains détenteurs du « visa doré » de dix ans, destiné aux personnes possédant des biens immobiliers.
Soheil (prénom modifié à sa demande par crainte de représailles), un Iranien d’une quarantaine d’années, a quitté Dubaï à la mi-mars pour régler des affaires professionnelles en Amérique du Nord. Le 28 mars, en consultant le portail officiel afin de vérifier le statut de son permis de résidence, il découvre que ce dernier, pourtant valable encore deux ans, a été annulé.
Installé à Dubaï depuis la fin des années 2000 avec son épouse, Sahar (un pseudonyme également), elle aussi d’origine iranienne, Soheil travaille pour une entreprise privée. Tous deux ne possèdent que la nationalité iranienne. « Ici, nous étions rassurés, convaincus que, quoi qu’il arrive, rien ne changerait et que cet endroit était notre foyer », confie, de Dubaï, Sahar, qui, comme de nombreux Iraniens vivant aux Emirats, redoute désormais de voir son propre visa annulé. « Nous sommes des gens ordinaires. Comment allons-nous rembourser nos prêts bancaires sans pouvoir travailler et rester ici ? », s’interroge Sahar, propriétaire avec son mari d’un appartement et d’une voiture achetés à crédit.
Il vous reste 66.11% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




