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Sa photo en noir et blanc est incrustée sur un fond rouge sur lequel il est écrit, en lettres blanches : « MEL [pour Michel-Edouard Leclerc] a disparu en pleine crise du secteur agricole. Si vous avez des informations, prévenez les médias. Point particulier : MEL contourne la loi EGalim en passant par des centrales d’achat étrangères pour ne pas payer les agriculteurs au juste prix. »

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Sur les réseaux sociaux, certains se sont amusés à reproduire l’affichage gouvernemental de l’Alerte enlèvement avec le très médiatique Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc. Le même qui déclarait le 2 janvier sur France 2 : « On va aller chercher des poches de baisse de prix, on va aller casser la gueule à l’inflation », avant d’être interviewé sur BFM-TV le 8 janvier, puis sur la matinale de TF1 le 15 janvier.

Début 2023, les patrons des enseignes de distribution s’étaient succédé sur les plateaux de télévision pour dénoncer l’arrivée d’une vague inflationniste générée par les demandes des industriels. Rien de tel cette année, surtout depuis la crise du monde agricole. Même le ministre de l’agriculture, Marc Fesneau, s’en est ému sur le plateau de BFM-TV, dimanche 28 janvier : « On les voit moins sur les plateaux. J’en déduis que, manifestement, ils sont gênés de cette question de la rémunération [des agriculteurs]. »

Crainte de devenir la cible

En réalité, avec la montée en puissance de la crise agricole, les distributeurs marchent sur des œufs. « Objectivement cette année, pour être audible, c’est quand même compliqué », juge l’un d’entre eux. « On a des industriels qui se moquent de nous sur les hausses de tarifs, mais aller expliquer sur un plateau télé en trois minutes la différence entre MPA [matière première agricole] et MPI [matière première industrielle], bon courage », souligne le conseiller en communication du PDG d’une enseigne.

« S’ils y vont, ils vont se faire conspuer, alors qu’il y a quinze jours encore, ils étaient applaudis » pour la défense du pouvoir d’achat, craint un autre, soulignant au passage des injonctions contradictoires permanentes : « Il y a un an, on nous a quand même demandé de lancer un panier anti-inflation. Le métier de commerçant est de mettre en rayon les produits que les Français ont envie d’acheter. Et ils ont envie de manger des produits français, mais au même prix que ceux importés. »

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Les enseignes craignent surtout qu’en se mettant en avant pour défendre le consommateur, elles ne deviennent la cible de la colère agricole à la place du gouvernement. « Le débat n’étant pas rationnel, il y a toujours un risque que, quand tu l’ouvres trop, ils te pètent tous les magasins », souffle-t-on chez un distributeur.

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