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Histoires Web mercredi, avril 24
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Lundi 1er avril, à l’aube, quelques heures avant la visite du ministre grec des migrations, Dimitris Kairidis, 74 migrants ont encore été secourus au sud de la Crète, au large de l’île de Gavdos, d’une superficie de 27 kilomètres carrés. Depuis début 2024, plus de 1 500 exilés partis de Tobrouk, dans le nord-est de la Libye, sont arrivés dans le sud de la Crète et sur l’île de Gavdos, qui compte quelque 70 habitants hors saison, une école avec seulement quatre enfants, deux épiceries, et un seul policier. Cette route migratoire inhabituelle a pris de court les autorités grecques puisque aucune structure d’accueil n’est prévue sur l’île, située à environ 300 kilomètres de Tobrouk.

Depuis plusieurs mois, la maire de Gavdos, Lilian Stefanakis, appelle le gouvernement à l’aide pour disposer d’un hangar avec de la nourriture et du matériel de premiers secours pour les nouveaux arrivants, souvent épuisés après plus de trente-six heures d’un voyage qui leur a coûté entre 4 000 et 5 000 dollars (soit entre 3 700 et 4 600 euros), selon les témoignages.

En février, dans une lettre au ministère des migrations, l’édile insistait sur « le manque de ressources pour accueillir les migrants » : « Au moment où je vous écris, 74 âmes sont bloquées sur notre île et nous essayons avec les habitants de les nourrir, mais nous ne pouvons pas leur offrir l’essentiel. » Lundi 1er avril, Mme Stefanakis a réitéré ses demandes auprès du ministre des migrations : « Nous aimerions un soutien financier pour pouvoir nous préparer [à une hausse des arrivées] et, compte tenu de l’approche de la saison touristique, voir comment le problème sera géré car, ne l’oublions pas, Gavdos vit du tourisme. » Le parti socialiste (Pasok) a, de son côté, averti qu’il fallait éviter que « Gavdos ne devienne une Lampedusa ».

Face à cette situation, Dimitris Kairidis a, lors de son déplacement sur l’île, promis aux habitants de ne pas les laisser seuls et aux municipalités de leur attribuer des « fonds spéciaux ». Pour transférer rapidement les nouveaux arrivants dans des camps sur le continent depuis la Crète, un député conservateur crétois, Sevi Voloudaki, a également demandé au ministre de « renforcer le nombre de gardes-côtes et de policiers ». « Les chiffres sont pour l’instant faibles, mais il ne fait aucun doute qu’étant donné ce qui se passe aujourd’hui en Egypte, et bien sûr dans le Sahel plus largement, on se doit d’être vigilant et de surveiller l’évolution de la situation », précise au Monde le ministre des migrations, M. Kairidis.

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