Le hall du Renaissance Cairo Mirage City Hotel, niché dans une banlieue cossue à l’est de la capitale égyptienne, est bondé. Un va-et-vient de touristes chinois qui déchargent leurs valises, d’hôtesses de l’air ajustant leurs tailleurs avant de rejoindre l’aéroport et d’agents de renseignements égyptiens moustachus tirant sur leur cigarette.

Au milieu de ce capharnaüm, des grappes d’anciens détenus palestiniens, visages émaciés, cheveux coupés à ras, sont accoudés aux tables de bar. Scotchés à leurs smartphones, ils n’en reviennent pas du miracle technologique qui survient entre leurs doigts : les visages de leurs proches, à qui ils s’adressent pour la première fois depuis des années, apparaissent sur leur écran.

Deux hommes arborent des lunettes de vue flambant neuves. Serait-ce parce qu’ils n’en croient pas leurs yeux ou à cause des années passées à écrire dans la pénombre carcérale ? Nasser Abu Srour, 56 ans, et Bassem Khandaqji, 42 ans, peinent encore à discerner les contours de ce nouveau monde. Condamnés à perpétuité (le premier en 1993 pour le meurtre présumé d’un officier de renseignement israélien, le second en 2004 pour sa participation présumée à un attentat perpétré à Tel-Aviv), ils ont passé plus de la moitié de leur vie en prison.

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