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L’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (NDDL), en 2018, marque l’avènement d’une nouvelle ère de contestation des grands projets. Depuis, la lutte contre les « grands projets inutiles imposés » se structure, avec notamment la création des Soulèvements de la Terre, fruit de la longue contestation de NDDL, ou celle de la Déroute des routes, qui fait dialoguer les militants contre les différents projets routiers à l’échelle nationale.

La récente médiatisation des manifestations contre la construction de l’A69 entre Toulouse et Castres a montré que la contestation est motivée par le refus d’un monde qui continue de détruire le vivant. Le projet de l’A69 n’est pas isolé. Le gouvernement a récemment confirmé la construction de l’autoroute A31 bis, pour doubler l’A31 vers le Luxembourg.

Les contournements de Rouen et de Montpellier font également partie des projets. En moyenne, ce sont 1 000 kilomètres de routes qui sont encore bitumées chaque année. Les nouvelles autoroutes sont prévues loin des centres urbains, ce qui limite les contestations de voisinage. Elles sont d’ailleurs souvent justifiées pour améliorer la qualité de l’air ou baisser les nuisances dues au bruit dans des communes traversées par les nationales.

La contestation avec des arguments scientifiques ou de bon sens

La contestation est donc beaucoup plus universelle et profonde qu’auparavant, face à l’imaginaire véhiculé par ces infrastructures. Au-delà de la question écologique et de la destruction des terres agricoles, c’est un mode de vie autour du ralentissement et des « low-tech » qui s’oppose aux exhortations à l’hypermobilité, associées à une croyance toujours aussi forte aux bienfaits du libéralisme économique.

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Les arguments en faveur de nouvelles autoroutes sont essentiellement dogmatiques et ne diffèrent que très peu d’un projet à l’autre. « Désenclavement », « amélioration des temps de parcours », « accompagnement du développement économique et des échanges », ou encore « apaiser les centres-villes » sont des leitmotivs récités comme des psaumes par les défenseurs des projets. Il ne saurait y être opposé aucune remise en cause de ces valeurs. Les débats publics sont là pour désamorcer la résistance locale et non pour intégrer la contestation du projet en proposant des solutions de remplacement. La contestation, au contraire, se fonde sur un certain nombre d’arguments scientifiques ou de bon sens.

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La tribune « Pour nous, scientifiques, l’autoroute A69 est un de ces projets auxquels il faut renoncer », parue le 4 octobre 2023 dans L’Obs, en reprend un certain nombre : la destruction de terres agricoles, qui fragilise encore un peu notre autonomie alimentaire ; l’inexistence des relations de cause à effet positives entre nouvelles infrastructures de transport et développement économique ; les gains de temps de parcours sont rapidement perdus dans l’étalement des activités et des ménages ou les opportunités de déplacements toujours plus lointains.

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