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L’équipage du patrouilleur La Combattante a pulvérisé, le 28 novembre 2023, le score des saisies de drogue effectuées par la marine nationale aux Antilles : ce jour-là, ce sont 3,5 tonnes de cocaïne destinée à l’Europe qui ont été découvertes sur un navire de pêche vénézuélien, non loin de la Barbade.

Dans la nuit du 5 janvier, nouvelle prise remarquée de la police, en Guadeloupe : 366 kilogrammes de poudre banche, que des hommes étaient en train de charger dans un véhicule sur le parking de la plage de Petit-Havre, au Gosier, très fréquentée par les familles. Parmi les trafiquants arrêtés, trois Guadeloupéens et trois étrangers, qui arrivaient de l’île de la Dominique voisine, périodiquement pointée du doigt dans les dossiers judiciaires français de trafics d’armes et de drogue.

Les responsables de la police et de la justice rencontrés par Le Monde font part d’une situation alarmante. Aux Antilles, « 2023 a été une année haute », déclare Alexandre Huguet, le chef de l’antenne des Caraïbes de l’Office anti-stupéfiants (Ofast). Le service qui, selon lui, emploie « une quarantaine de personnes en Martinique, une vingtaine en Guadeloupe et un détachement à Saint-Martin », a intercepté au total 11 tonnes de stupéfiants en 2023.

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Dans la région, le trafic est en hausse en raison de l’augmentation de la production en Amérique du Sud et de la « désaffection pour la cocaïne sur le marché américain, qui passe aux drogues de synthèse », comme l’explique Clarisse Taron, la procureure de la République de Fort-de-France, siège de la juridiction interrégionale spécialisée. « Tout ceci fait que l’Europe est devenue le marché d’écoulement », poursuit-elle. Les départements français deviennent « la zone de rebond de la cocaïne sud-américaine », souligne la magistrate, qui décrit « un mouvement de fond, affectant, depuis plusieurs années, à la fois les ports de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane ».

« Perspectives d’argent facile »

Comme attendu, la systématisation des contrôles au départ de l’aéroport de Cayenne au cours de l’année 2023 a causé un « phénomène de report partiel » depuis la Guyane des mules, les petites mains du trafic, désormais en partance de la Martinique vers Paris, indique M. Huguet. Le chef de l’Ofast évoque « autour de 80 mules confiées à l’Ofast » en 2023 à l’aéroport de Fort-de-France, contre 50 à 60 personnes les années précédentes : des voyageurs tentant d’embarquer vers Paris avec de la cocaïne, mais aussi, dans l’autre sens, « des cas de mules interceptées par les douanes martiniquaises qui venaient de métropole avec de la résine de cannabis ». Bien souvent, il s’agit d’« individus appâtés en raison de dettes contractées, de difficultés économiques ou de perspectives d’argent facile », décrit-il.

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