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A la mi-journée, jeudi 25 janvier, les saucisses grillent sur le brasero et les agriculteurs ont débuté l’apéro lorsque le téléphone de Benoît Masure vibre. Le responsable de la FNSEA du canton d’Etampes (Essonne) regarde le texto qui vient d’arriver, et s’arrête. « Il faut que je le dise tout de suite aux gars », lâche-t-il en allant chercher le micro : « Le blocus de Paris est décidé pour demain », annonce M. Masure à l’assistance.

Alors que le premier ministre, Gabriel Attal doit présenter des mesures vendredi, en Haute-Garonne, les sections d’Ile-de-France des syndicats majoritaires FNSEA et Jeunes Agriculteurs promettent le blocage des autoroutes franciliennes le même jour à partir de 14 heures. L’objectif est clair pour tout le monde : faire monter la pression sur le gouvernement et obtenir que leurs revendications soient satisfaites. « On va compter sur vous tous, sur votre mobilisation », lance M. Masure. Des applaudissements éclatent. Des « ouais ! » s’élèvent. Un « c’est la guerre ! » est même crié.

Depuis l’émergence du mouvement des agriculteurs, le 18 janvier en Occitanie, la colère a gagné tout le pays, jusqu’aux portes de la capitale. Comme les Essoniens, des paysans de l’Oise, des Yvelines ou de Seine-et-Marne positionnent leurs tracteurs sur les grands axes qui y mènent. Inexorablement, ils se rapprochent. Même si, a confié à BFM-TV le président des Jeunes Agriculteurs d’Ile-de-France, Clément Torpier, « on n’a pas l’intention de rentrer dans Paris ».

Lire le décryptage | Article réservé à nos abonnés Agriculteurs en colère : Gabriel Attal veut contenir l’embrasement, sans se précipiter

Jeudi matin, une petite centaine d’agriculteurs de l’Essonne se sont donc regroupés sur un rond-point de la route nationale 20, à l’entrée d’Etampes. Tout autour, des gendarmes ont pris position. Ils surveillent les lieux. Une vingtaine de tracteurs ont été garés en rond, tout autour du terre-plein central. Quelques bottes de paille brûlent au milieu. Cela ressemble à un camp retranché de cowboys dans le Far West.

Manifestation d’agriculteurs dans le centre-ville de Rennes, le 25 janvier 2024.

Mais c’est la référence au mode d’action du mouvement de protestation sociale des « gilets jaunes », pendant l’hiver 2018-2019, qui saute aux yeux. « Ça n’a rien à voir avec eux, proteste M. Masure. C’est un endroit visible, sur une route importante. On a l’habitude de venir ici. » Ailleurs en France, cependant, l’esprit « gilets jaunes » vire au vert paysan. Jeudi matin, sur l’autoroute A50 dans le Var, plusieurs historiques de la contestation de 2018 espéraient reprendre le mouvement. Certains ne sont pas agriculteurs, mais ils font partie du cortège quand même. « On n’a jamais abandonné », dit Julien.

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