Lorsque j’ai présenté, le 5 mars, avec le commissaire aux transports, Apostolos Tzitzikostas, le plan européen pour l’automobile, je me suis permis un cri d’alarme en affirmant que l’industrie automobile européenne était en danger de mort. Ce constat venait de l’industrie elle-même et de ses 13 millions de travailleurs directs et indirects. En moins de cinq ans, les crises se sont succédé : Covid-19, microprocesseurs, prix de l’énergie, baisse de la demande… Notre compétitivité prix a reculé, les ruptures technologiques se sont faites ailleurs, et les voitures chinoises sont arrivées sur notre marché.

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En un mot : quatre années de production moindre pour l’Europe et des concurrents qui se consolident alors que notre tissu industriel s’effrite, au moment où il faut prendre le tournant technologique du siècle. Sans action, sans sursaut et sans protection, il y a un risque de voir une nouvelle carte de l’automobile mondiale se dessiner sans l’Europe. Aux Américains, la voiture autonome, aux Chinois, la voiture électrique, aux Coréens, les batteries, aux Chiliens, le lithium nécessaire aux batteries. Or, nous contenter d’être l’usine d’assemblage du monde, et non plus l’une de ses lignes de production, serait une impasse.

Mais ce même 5 mars, je prédisais ce sombre destin, si nous restions passifs. Or, nous agissons vite et fort, en lien avec les Etats membres et les industriels du secteur. Le plan européen tient en deux révolutions. La première est sur la ligne politique : en finir avec la vision naïve du marché et du commerce, qui nous aurait conduits à abandonner des pans entiers de notre économie. Le deuxième concerne la décision publique : finies les politiques en silo ! Nous devons nous attaquer à toute la chaîne : équipementiers et constructeurs, offre et demande, contenu local avec un mot d’ordre : « made in Europe ». Nous prenons chaque partie de la voiture et nous regardons comment nous imposer face à la concurrence.

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