L’Union européenne (UE) est devenue tellement impopulaire en France que le risque existe de voir l’élection présidentielle de 2027 se transformer en un référendum pour ou contre l’Europe. La difficulté qu’éprouvent les représentants des partis pro-européens à se rendre audibles auprès de l’électorat populaire face au pouvoir tribunitien de Marine Le Pen, ou à celui de Jean-Luc Mélenchon, et la dérive d’une partie de la droite républicaine, qui conteste désormais, comme le Rassemblement national (RN), la supériorité de certains traités européens sur le droit national sont les symptômes de la crise profonde qui affecte l’un des membres fondateurs de l’UE.
Seulement 38 % des Français conservent une image positive de la construction européenne, selon la dernière enquête Eurobaromètre, publiée le 4 février, et ils ne sont plus que 53 % à juger que l’appartenance à l’UE est « une bonne chose », alors que la moyenne européenne se situe à 62 %. La 17e vague de l’enquête annuelle du Baromètre de la confiance politique, réalisée par OpinionWay, révèle une tendance identique : seulement 9 % des Français estiment que, « pour résoudre les problèmes de la France, il faut donner plus de pouvoirs à l’UE ». La tendance au repli national y est beaucoup plus nette qu’en Italie, en Allemagne ou au Royaume-Uni.
Parmi les arguments utilisés par ceux qui avaient entrepris une dynamique campagne en faveur du non aux référendums européens, un s’est révélé sans fondement : la création de la monnaie unique, dont la gestion a été confiée à la Banque centrale européenne, n’a pas constitué la négation du politique, comme le redoutait, en 1992, lors du référendum sur Maastricht, l’un des ténors du Rassemblement pour la République, Philippe Séguin.
La « bureaucratie » bruxelloise
La soumission de la France à l’« ordolibéralisme allemand » ne s’est pas davantage produite, contrairement à ce que dénonçait Jean-Luc Mélenchon, lors de la campagne référendaire de 2005 sur le traité constitutionnel européen : en évitant à la France d’humiliantes dévaluations du franc par rapport au deutsche mark, l’euro a, au contraire, permis aux dirigeants français de laisser prospérer un système social à la fois généreux et déficitaire qui constitue une exception en Europe. Au vu de cette réalité, le retour au franc a disparu des priorités du RN comme de celles de La France insoumise.
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