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Histoires Web mercredi, juillet 17
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Des jeunes qui soutiennent le Rassemblement national (RN) de Jordan Bardella. Des jeunes favorables à La France insoumise (LFI) et à Jean-Luc Mélenchon. Des jeunes qui ne votent pas… Observer le comportement politique de la catégorie des 18-24 ans revient souvent à empiler les clichés, au risque d’en créer une image un peu « partielle », voire « caricaturale », font observer les chercheurs et sociologues qui étudient l’attitude de cette tranche d’âge face aux urnes. Et qui, reprenant à leur compte la formule de Pierre Bourdieu (1930-2002), « la jeunesse n’est qu’un mot », dressent préalablement à toute analyse un même constat : il n’y a pas « une » mais « des » jeunesses.

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Si l’attention collective se porte, dans cet entre-deux-tours des élections législatives, sur la part de jeunes sensibles aux sirènes de l’extrême droite, les moins de 25 ans demeurent, d’un scrutin à l’autre, plus nombreux à voter à gauche. Mais ils sont avant nombreux à ne pas voter : c’est là ce qui les distingue, d’abord, des autres tranches d’âge.

Selon l’enquête électorale menée par l’institut Ipsos pour Le Monde, la Fondation Jean Jaurès, le centre de recherches politiques de Sciences Po, l’Institut Montaigne, Radio France et France Télévisions, réalisée à partir d’un panel représentatif de 11 820 personnes et diffusée le 27 juin, 49 % des 18-24 ans n’avaient pas l’intention de se rendre aux urnes le 30 juin (12 points de plus que la moyenne des Français). Leurs intentions de vote étaient à 45 % pour les candidats du Nouveau Front populaire (16 points de plus que la moyenne des Français) et à 31 % pour ceux du Rassemblement national (légèrement en deçà du reste de la population). En creux, ces résultats disent aussi l’effondrement de l’électorat jeune pour les candidatures Ensemble, soutiens d’Emmanuel Macron : seuls 10 % des 18-24 ans faisaient ce choix, soit deux fois moins que la moyenne tous âges confondus.

Eloignement de la politique

« Le premier parti des jeunes, c’est celui de l’abstention », acte le sociologue Olivier Galland, directeur de recherche émérite au CNRS, évoquant un « mouvement de fond d’éloignement de la politique d’une grande partie de la jeunesse ». Dans l’enquête d’ampleur qu’il a codirigée, en 2021 avec l’historien Marc Lazar pour l’Institut Montaigne, près de la moitié des 8 000 jeunes sondés (43 %) disaient ne pas avoir d’idées assez précises pour se positionner sur l’échelle politique gauche-droite ; plus de la moitié (55 %) ne pouvaient donner de préférence partisane, soit parce qu’ils ne connaissaient pas assez les partis, soit parce qu’aucun ne correspondait à leur choix.

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