Depuis qu’Israël et les Etats-Unis ont, fin février, commencé à bombarder l’Iran, la guerre fait rage au Moyen-Orient. La Maison Blanche n’a pas cessé de se contredire quant aux buts de cette guerre et à la durée des opérations militaires, mais le fait est là et l’économie doit y faire face. Les questions qui se posent sont celles de l’ampleur, de la durée et, partant, des conséquences de ce choc énergétique.
En parlant de « plus grande perturbation dans l’histoire du marché pétrolier mondial », l’Agence internationale de l’énergie n’y est pas allée par quatre chemins. Le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite un tiers du pétrole brut échangé dans le monde, est effectivement un événement de grande ampleur. Il en va de même pour le gaz naturel, qui contrairement au pétrole se transporte exclusivement par bateau, et dont la production a, au surplus, été atteinte par les attaques iraniennes sur les installations de Ras Laffan, au Qatar.
L’impact de ce choc sur les prix reste cependant limité au regard des expériences du passé. Le prix du pétrole est repassé en dessous des 100 dollars par baril, contre 70 à la veille de l’offensive sur l’Iran. En termes réels (corrigés de l’inflation), il demeure nettement en deçà de ses maxima historiques, y compris par exemple en dessous du niveau atteint entre 2012 et 2015. Quant au prix du gaz naturel, il a fait moins que doubler, alors qu’il avait triplé en 2022, lorsque la Russie avait interrompu ses livraisons de gaz à l’Europe. Même si les ménages sont plus sensibles aux variations des prix qu’à leur niveau, ces faits méritent d’être rappelés.
Les marchés s’attendent à ce que la guerre s’achève bientôt : ils anticipent un prix du baril aux alentours de 90 dollars cet été et de 80 dollars en fin d’année. Il y a deux raisons possibles pour cet optimisme : soit que les Etats-Unis vont prendre le dessus dans leur conflit avec l’Iran, soit, plus probablement, que Donald Trump va en rabattre sur sa volonté de puissance et trouver un accommodement avec Téhéran. Même si la guerre reste encore soutenue par la majorité de ses soutiens républicains, les conséquences qu’aurait un conflit prolongé sur l’inflation et donc les taux d’intérêt le seraient beaucoup moins. Plus le conflit dure, et plus son coût politique va s’accroître, alors qu’approchent des élections de mi-mandat qui devraient se traduire par une victoire des démocrates à la Chambre des représentants. L’intérêt politique de Trump lui commande de déclarer victoire et de quitter le champ de bataille.
Il vous reste 56.02% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



