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Dans des délais très courts, le monde a connu des changements profonds. La pandémie de Covid-19 puis l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont enterré l’idée un peu naïve d’une économie mondiale relativement homogène régie par une logique essentiellement économique. Nous nous retrouvons désormais dans un espace mondial fragmenté dans lequel la Chine et les Etats-Unis se livrent une âpre dispute pour l’hégémonie globale. Il en résulte une déglobalisation commerciale et productive (mais pas financière) dans laquelle la géopolitique prend le pas sur la raison purement économique. C’est dans ce cadre qu’émerge le Sud global.

L’Occident continue à exister tout en étant de plus en plus contesté. L’invasion de l’Ukraine par la Russie et la guerre entre Israël et le Hamas ont mis en évidence que les règles établies par les puissances occidentales n’ont pas le caractère universel qu’on leur prête et qu’elles sont en revanche de plus en plus perçues « comme le code de l’Ouest, par l’Ouest et pour l’Ouest », suivant la formule du chercheur Bobo Lo dans une publication du Lowy Institute de novembre 2023.

L’idée que l’Occident était le grand défenseur du droit international et du droit humanitaire tenait lorsqu’il s’agissait de condamner l’invasion de l’Ukraine, mais vole en éclats lorsqu’il s’agit d’arrêter le génocide de Gaza commandité par Nétanyahou. Le double standard fait perdre toute autorité morale et politique aux puissances occidentales, à commencer par les Etats-Unis qui n’osent pas intervenir pour empêcher les crimes de guerre contre une population civile.

Lire aussi le décryptage (2023) : Article réservé à nos abonnés La « désoccidentalisation », ou l’affirmation continue des pays du Sud

Il est vrai que le Sud global est un ensemble hétérogène qui n’offre pas de modèle alternatif. Entre le « socialisme aux caractéristiques chinoises » défendu par le Parti communiste chinois, le capitalisme russe, le modèle vietnamien, l’industrialisation accélérée de la Corée du Sud ou l’extractivisme latino-américain, il y a une distance sidérale.

Espace en construction

Néanmoins, il ne faut pas confondre le fait de ne pas avoir un modèle avec celui de ne pas être un acteur. Le Sud global est un espace en construction qui dispose cependant des moyens commerciaux, technologiques et financiers pour s’opposer aux décisions unilatérales des puissances occidentales. Le monde d’aujourd’hui ne peut pas être gouverné de la même façon qu’il y a vingt ans.

Le fait est qu’ont émergé un certain nombre de puissances « moyennes » et qu’à l’horizon 2050, parmi les cinq principales économies de la planète, on comptera la Chine, l’Inde et l’Indonésie. Malgré ces différences, les pays composant le Sud global peuvent converger sur un point crucial : le dépassement de l’actuel ordre politique et économique.

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