Le ministre de l’intérieur sénégalais, Mouhamadou Bamba Cissé, à l’Assemblée nationale, alors que celle-ci examine le projet de loi visant à durcir les sanctions contre l’homosexualité, à Dakar, le 11 mars 2026.

Le président sénégalais a promulgué, lundi, une loi réprimant fortement l’homosexualité, selon le Journal officiel publié mardi 31 mars. Ce texte, adopté à une large majorité par l’Assemblée nationale sénégalaise le 11 mars, intervient dans un contexte de crispation sociale, marqué par une multiplication des arrestations pour homosexualité présumée et une vague d’homophobie dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest.

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La loi, en punissant les « actes contre nature » de cinq à dix ans d’emprisonnement, contre un à cinq ans jusqu’alors, entérine un dispositif élargi qui sanctionne également la promotion et le financement de l’homosexualité. Dans la foulée du vote, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait dénoncé une loi qui « bafoue » les droits humains.

La peine maximale sera prononcée si l’acte a été commis avec un mineur, selon le texte. Celui-ci prévoit aussi des amendes pouvant aller de 2 à 10 millions de francs CFA [3 048 à 15 244 euros], contre 100 000 à 1,5 million de francs CFA [152 à 2 286 euros] auparavant. La loi entend toutefois punir toute personne qui se lancerait dans la « dénonciation abusive faite de mauvaise foi » de supposés homosexuels.

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Plusieurs dizaines d’arrestations signalées

« C’est le premier projet de loi que je porte moi-même », avait lancé, le 24 février à l’Assemblée nationale, le premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, sous les applaudissements des députés. Il s’enorgueillissait d’être personnellement à l’initiative de ce projet de loi. Le Sénégal, un pays majoritairement musulman, est agité depuis plusieurs semaines par la question de l’homosexualité, un sujet qui revient régulièrement dans les débats ces dernières années.

Celui-ci est devenu plus brûlant que d’habitude depuis l’arrestation, début février, de 12 hommes, dont deux célébrités locales, accusées d’« actes contre nature », des termes désignant des relations « entre deux personnes de même sexe ». Depuis, de nouvelles arrestations en série – plusieurs dizaines – sont signalées quotidiennement dans la presse. Certaines des personnes sont en particulier accusées d’avoir volontairement transmis le sida, alimentant des débats virulents sur l’homosexualité.

Le Monde avec AFP

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