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Histoires Web mercredi, avril 24
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En 2004, Dizzee Rascal devenait, à 19 ans, le plus jeune gagnant du prix Mercury, la récompense musicale britannique la plus prestigieuse. Vingt ans plus tard, l’auteur du déterminant Boy in da Corner est toujours applaudi pour avoir sorti le grime anglais (« crasse », dans la langue de Shakespeare) de l’ombre. Ce rap caustique et grinçant qui tourne à plus de 150 battements par minute (bpm) continue d’irriguer, deux décennies plus tard, les tendances musicales actuelles, de son compatriote Stormzy à la rappeuse belge Shay, en passant par le Français Orelsan – qui l’invitait dans son disque phare, La fête est finie. Le gamin turbulent de l’Est londonien est devenu un père de famille qui tente de canaliser son énergie dans la musique, toujours le pied au plancher.

Son nouvel album, Don’t Take It Personal, sorti en février 2024 et qu’il jouera sur scène, le 5 mars, à La Place, à Paris, est de la qualité de son tout premier essai, il y a vingt ans, un disque qui a permis aux rappeurs anglais de s’affranchir de la tutelle des Américains, en mettant en avant leur accent, leur argot et leur culture des raves. Sur la pochette de son huitième album, le rappeur se met en scène dans une Ferrari 458 rouge qui tente de se frayer un chemin parmi un troupeau de moutons. Allégorie d’un rappeur à succès qui ne suit jamais à l’aveugle ce que ses collègues répètent à l’infini.

C’est justement sur la route, mi-février, que M Le magazine du Monde rencontre l’ancien MC des raves drum and bass du milieu des années 1990. De son véritable nom Dylan Kwabena Mills, ce natif de Londres de père nigérian et de mère ghanéenne sillonne l’Angleterre pour la promotion de son disque, préférant jouer dorénavant dans des petites salles, rencontrer les journalistes spécialisés en personne.

« J’essaie de bloquer le bruit »

Son tour manager, Paddy, est au volant, Dizzee Rascal a mis en marche la vidéo de son smartphone et regarde le paysage pour se repérer : « Nous sommes à Peterborough, près de Cambridge, et nous allons à Newcastle. » Il connaît la campagne anglaise. Il a enregistré son nouveau disque dans sa maison du Kent, au sud-est de Londres, où il a fait construire un studio d’enregistrement dans le fond de sa propriété : « Je consacre beaucoup de temps à mes enfants. La musique, c’est presque devenu un passe-temps. » « Quand je veux faire un morceau, je file dans le jardin et je ne perds pas de temps », précise-t-il.

Les bonnes résolutions (« Ne t’explique pas, ne te plains pas, joue le jeu et reste concentré ») introduisent le premier morceau décapant, Stay in Your Lane. Pendant ses trois dernières années, le rappeur s’est déconnecté des réseaux sociaux et ne regarde plus les chaînes d’information en continu. « J’essaie de bloquer le bruit, affirme-t-il, de continuer ma vie, de ne pas me laisser distraire et de rester concentré sur ma musique. Les médias sociaux, les critiques des journalistes, tout ça, pour moi, n’est que bruit. »

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