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Histoires Web mercredi, juillet 17
Bulletin

Une boulangerie d’Avignon où travaille un apprenti malien taguée de l’insulte « nègre » puis incendiée (France Bleu Vaucluse), une infirmière libérale franco-marocaine de l’Ariège qui se voit annuler une visite chez un patient après avoir répondu à une question sur l’origine de son nom de famille (RMC), un chauffeur de bus du Val-de-Marne traité de « sale bougnoule », des commerçants franco-algériens à Dijon (Le Bien public) et noirs de peau à Perpignan (Var-Matin) qui reçoivent des lettres racistes leur intimant de partir : « Je vous conseille de préparer votre départ pour l’Afrique », « Casse-toi et ne reviens pas »

Depuis l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, le 9 juin, les actes racistes, dont la presse régionale se fait écho, se multiplient partout en France de façon vertigineuse. La montée en puissance du Rassemblement national a désinhibé la violence xénophobe, y compris au sein même des entreprises. « Ces dernières semaines, on a vu resurgir des comportements qui n’avaient plus cours, témoigne Stéphanie Lecerf, présidente d’A compétence égale, une association de lutte contre les discriminations au travail. Dans le secteur bancaire ou le commerce, des salariés font, par exemple, l’objet d’agressions verbales du type “je ne souhaite pas que vous me serviez”, liées à l’origine supposée ou à la couleur de la peau. »

Les syndicats de salariés dressent un constat similaire, tout aussi préoccupant. « “Prépare-toi à rentrer chez toi le 8 juillet”, ça, c’est ce qu’on entend aujourd’hui et qui nous remonte de la part de nos militants CFDT, de salariés entre eux, la violence monte aussi, le ton monte », tweetait, à la veille du second tour des législatives, la secrétaire nationale CFDT, chargée des questions de discriminations, Lydie Nicol.

« Micro-agressions à répétition »

Les derniers chiffres disponibles sur le sujet attestent de cette montée de la violence xénophobe, avant même les élections. Le nombre de crimes et délits racistes enregistrés par les forces de sécurité a ainsi bondi de 32 % en un an en 2023, selon les statistiques du ministère de l’intérieur, reprises dans le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH). Dans sa contribution au rapport, la Défenseure des droits précise que, cette année-là, près de la moitié des réclamations reçues pour des discriminations liées à l’origine se sont déroulées dans la sphère professionnelle : 23 % dans l’emploi privé et 19 % dans la fonction publique.

Au travail, comme dans la société d’une façon générale, « le racisme au quotidien passe par des remarques inappropriées jusqu’aux insultes, qui isolent la personne, systématiquement ramenée à son origine, explique Stéphanie Lecerf. L’éventail des agressions est très large : l’imitation d’un accent, un humour déplacé, des expressions stigmatisantes. La micro-agression en entreprise ne passe pas seulement par la gravité des propos mais aussi par leur répétition ».

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