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Donald Trump l’annonce depuis un an. Nul n’y prête attention, et pourtant, comme l’explique Adam Posen, président du Peterson Institute, groupe de réflexion centriste et atlantiste de Washington, il faut écouter l’ancien président des Etats-Unis « littéralement et sérieusement ».

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« Le premier jour de son mandat, Donald Trump annoncera un droit de douane généralisé de 10 % », prédit M. Posen dans un entretien au Monde. Dans sa campagne, le républicain revient à son credo, forgé dans les années 1980, lorsque les produits japonais avaient envahi les Etats-Unis : le protectionnisme et les droits de douane.

Il en a le pouvoir, par le biais des décrets présidentiels. « Il serait complètement dans l’exercice légal de ses pouvoirs. Tant que le Congrès ne se plaint pas, ces droits de douane pourront rester indéfiniment. C’est ce qui s’est passé lors de son premier mandat [2017-2021] », analyse M. Posen, qui pense que le président y ajoutera « des mesures agressives antimigrants ».

« Mesures arbitraires »

Cette décision infligerait, selon lui, un double choc aux Etats-Unis et à ses partenaires, qui « augmenterait l’inflation et réduirait la croissance ». M. Posen la compare au Brexit au Royaume-Uni et prédit une hausse des prix supplémentaire pouvant atteindre, en un an, 1,25 %, voire 2 %.

La mesure devrait avoir des effets variables, en dopant les industries à faible valeur ajoutée américaines, freinant les exportations de services, en raison de mesures de rétorsion à attendre et de l’envolée prévisible du dollar. Certains anticipent une baisse des actions à la Bourse pour cette raison, même si la précédente élection de Donald Trump avait été saluée par un feu d’artifice à Wall Street. D’autres notent que c’est l’isolationnisme qui avait accompagné l’essor économique et industriel des Etats-Unis après la guerre de Sécession, à la fin du XIXe siècle. Et qu’il fait l’objet d’un quasi-consensus.

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En effet, le réarmement industriel fait de grands travaux et de protectionnisme que Donald Trump avait proposé en 2016, Joe Biden l’a fait, avec un soutien massif aux semi-conducteurs et à la transition énergétique, par l’intermédiaire du Chips Act et de l’Inflation Reduction Act (IRA). M. Posen souligne, cependant, des divergences profondes dans les motivations.

Même si certains démocrates sont protectionnistes, « ils sont sincères dans leur souci d’améliorer les salaires des classes populaires ou de réussir la transition énergétique ; ils croient à la règle de droit, y compris internationale, alors que l’administration Trump entend laisser beaucoup de place aux mesures arbitraires ».

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