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Investi président du Brésil le 1er janvier 2023, Luiz Inacio Lula da Silva a retrouvé un pays fort différent de celui qu’il avait laissé douze ans plus tôt. Le leader historique de la gauche, âgé de 77 ans, déjà aux responsabilités lors de deux mandats fructueux (2003-2011), a dû commencer par solder le lourd héritage de l’extrême droite de Jair Bolsonaro, restée durant quatre années au pouvoir. Celles-ci ont laissé des traces difficilement résorbables chez le géant latino-américain, plus isolé, inquiet, déboussolé et fracturé que jamais.

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Le nouveau président a d’abord dû encaisser le choc des émeutes putschistes du 8 janvier, durant lesquelles des milliers de militants bolsonaristes ont mis à sac les institutions de la capitale, Brasilia. Face à une attaque sans précédent contre la démocratie, M. Lula a tenu à jouer par-dessus tout l’union et l’apaisement, posant en compagnie des principales autorités du pays. Démocrate dans l’âme, M. Lula n’a songé à aucun moment à utiliser ces événements traumatisants comme un levier pour assouvir un projet politique machiavélien. Il a prouvé au passage qu’il méritait ses galons d’homme d’Etat.

« Reconstruction et union » : c’est le slogan officiel de son gouvernement. Le chef du Parti des travailleurs (PT) a d’abord misé sur la relance de l’économie, grâce à un mélange de sérieux budgétaire et d’une reprise des programmes sociaux décapités par M. Bolsonaro. Tout en revalorisant l’allocation Bolsa familia (« bourse familiale ») et le salaire minimal, et en relançant la construction de logements sociaux et la lutte contre la faim, le président est parvenu, à force de négociations et en faisant alliance avec une partie de la droite au Congrès, à faire adopter un « cadre fiscal » constitutionnel, moins rigide que le précédent. La croissance des dépenses publiques devrait désormais être limitée à 70 % de la hausse des recettes de l’Etat. De quoi rassurer les marchés, inquiets du retour au pouvoir de la gauche. Le Brésil devrait ainsi connaître en 2023 un taux de croissance inattendu de 3,1 %, selon le Fonds monétaire international.

La déforestation a chuté de moitié

Mais M. Lula sait qu’il sera d’abord et avant tout jugé sur le sort de l’Amazonie, saccagée durant les années au pouvoir de M. Bolsonaro. A la tête du ministère de l’environnement, la militante écologiste Marina Silva a tenté, malgré de fortes contraintes budgétaires, de restaurer les programmes de protection de la nature. Elle se heurte aussi à l’opposition du Congrès, où domine une droite conservatrice, favorable à l’agro-industrie.

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