Le président de l’INA, Laurent Vallet, à Deauville (Calvados), le 8 septembre 2022.

Le président de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), Laurent Vallet, qui avait été suspendu de ses fonctions début août en raison de l’achat de cocaïne, a annoncé sa démission vendredi 29 août. « J’ai présenté à la ministre de la culture ma démission des fonctions de président de l’INA que j’exerce depuis 2015 », afin de suivre une mesure « d’injonction thérapeutique » ordonnée par la justice, a-t-il expliqué dans un communiqué.

M. Vallet avait été interpellé à Paris, le 29 juillet, après s’être fait livrer de la cocaïne à son domicile. Dans la foulée, la ministre de la culture, Rachida Dati, avait annoncé avoir demandé sa suspension. « J’ai décidé pour la sérénité de l’institution de le suspendre immédiatement de ses fonctions en attendant de plus amples informations », avait-elle écrit sur X, affirmant avoir appris par voie de presse la mise en cause de M. Vallet dans une affaire d’achat de stupéfiant.

Comme il s’agissait d’une première interpellation, il a été « orienté vers une injonction thérapeutique », avait alors précisé le parquet. La politique pénale du parquet de Paris prévoit en effet une « procédure alternative » n’entraînant pas de poursuites judiciaires pour une première infraction de consommation de drogues, en dessous d’une certaine quantité.

60 euros le gramme

Dans une déclaration officielle de M. Vallet envoyée par l’INA, il déclarait : « J’ai conscience du caractère à tous égards néfaste et condamnable de la consommation de stupéfiants. J’ai mis en place le dispositif indispensable visant à y mettre un terme définitif et me soumettrai à toute obligation que la justice estimera nécessaire. » Il affirmait également « prendre acte » de la décision de Mme Dati « en vue de l’audience à laquelle [il est] convoqué début septembre au tribunal judiciaire de Paris pour une injonction thérapeutique ».

Selon une source policière de l’Agence France-Presse (AFP), l’affaire avait débuté par la filature d’un jeune homme de 17 ans par des policiers de la brigade anticriminalité (BAC), qui l’avaient suivi jusque dans la cour intérieure d’un bâtiment. A sa sortie, ils l’avaient interpellé et avaient découvert qu’il était porteur d’une somme de 600 euros. Le jeune homme leur avait affirmé être allé voir un ami. Les policiers avaient alors pris contact avec « l’ami », qui était en fait M. Vallet. Ce dernier avit reconnu avoir acheté au jeune homme de la cocaïne pour un montant de 600 euros et avait remis la drogue aux policiers.

Au détail, la cocaïne se vend généralement autour de 60 euros le gramme, en France. Selon les chiffres de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), le pays comptait, en 2023, 3,7 millions d’expérimentateurs (adultes ayant essayé au moins une fois la cocaïne) et 1,1 million d’usagers (adultes ayant consommé au moins une fois dans l’année).

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Le Monde avec AFP

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