Le pape Léon XIV, à son arrivée à l’aéroport international Rafic Hariri, à Beyrouth, au Liban, le 30 novembre 2025.

Léon XIV est arrivé dimanche 30 novembre au Liban pour porter un message de paix au pays, après une visite en Turquie marquée par le dialogue pour l’unité des chrétiens. Il a été accueilli à l’aéroport de Beyrouth par les responsables libanais, en tête desquels se trouvait le président de la République, Joseph Aoun, seul chef d’Etat chrétien du monde arabe.

L’artillerie de l’armée libanaise a tiré 21 coups de canon et les navires amarrés au port de Beyrouth ont fait retentir leurs sirènes en signe de joie. La visite de quarante-huit heures du pape américain est la première dans ce pays multiconfessionnel de 5,8 millions d’habitants.

Le Liban, qui a connu un effondrement économique sans précédent depuis 2019, sort d’une guerre meurtrière avec Israël. En dépit du rôle politique important que jouent les chrétiens au Liban, ces derniers ont vu leur nombre diminuer ces dernières décennies, notamment en raison de l’émigration des jeunes.

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« Je suis venue dire que le peuple libanais est un seul peuple (…) Loin de toutes les divisions, nous voulons être unis et nous voulons qu’il bénisse notre terre », a déclaré à l’Agence France-Presse Zahra Nahlé, 19 ans, qui attendait le passage du pape sur la route de l’aéroport. « Nous aurions aimé qu’il puisse visiter le Sud », a ajouté cette jeune fille originaire du sud du Liban, dévasté par la guerre.

Léon XIV, premier pape à visiter le pays depuis Benoît XVI en 2012, doit prononcer un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique à 18 heures locales (19 heures à Paris).

Deux jours fériés pour la visite et d’importantes mesures de sécurité

Le pape est arrivé à Beyrouth à bord d’un A320 de la compagnie italienne ITA qui a été réparé samedi en raison d’un logiciel de commandes vulnérable, comme des milliers d’autres dans le monde.

Pour se rendre au palais présidentiel, il doit traverser la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, où les portraits de son chef assassiné par Israël côtoient des panneaux souhaitant la bienvenue au souverain pontife. Les scouts du Hezbollah étaient massés pour accueillir le pape en fanfare, a constaté l’AFP. La banlieue sud de Beyrouth avait été visée une semaine plus tôt par une frappe israélienne qui a tué le nouveau chef militaire du Hezbollah.

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Malgré le cessez-le-feu intervenu il y a un an, l’armée israélienne a intensifié ces dernières semaines ses frappes au Liban. Samedi, le Hezbollah pro-iranien avait exhorté le pape à rejeter « l’injustice et l’agression » d’Israël.

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« Le choix du Liban est un choix courageux », a déclaré Mgr Hugues de Woillemont, président de l’Œuvre d’Orient, une organisation catholique qui vient en aide aux chrétiens d’Orient. « Le modèle multiconfessionnel du Liban est aujourd’hui extrêmement fragilisé par des logiques d’affrontement, même si le pays a aujourd’hui à sa tête un président et un premier ministre qui travaillent ensemble », a-t-il ajouté.

Le Liban a déclaré deux jours fériés pour la visite et d’importantes mesures de sécurité ont été mises en place. Pour ce déplacement, Léon XIV a adopté un style prudent, ménageant les sensibilités politiques de ses interlocuteurs tout en appelant à l’unité et au respect de la diversité religieuse.

« Courageux » Arméniens

Dimanche matin, le pape a clôturé sa visite en Turquie, la première dans un pays étranger depuis son élection en mai, avec une cérémonie liturgique très solennelle sous les dorures de la cathédrale orthodoxe Saint-Georges d’Istanbul, entre icônes, volutes d’encens et chants polyphoniques psalmodiés.

« En cette période de conflits sanglants et de violences, dans des lieux proches et lointains, les catholiques et les orthodoxes sont appelés à être des constructeurs de paix », a-t-il déclaré. Peu auparavant, à la cathédrale arménienne d’Istanbul, il a loué « le courageux témoignage chrétien du peuple arménien au cours des siècles, souvent lors de circonstances tragiques ». Une manière d’évoquer sans la nommer la question très sensible du génocide arménien, alors qu’Ankara réfute avec virulence cette qualification des massacres de 1915-1916 sous l’Empire ottoman.

Pour Mardik Evadian, homme d’affaires arménien présent à la cathédrale, « aujourd’hui, il n’est pas important de parler de génocide ou non ». « C’est une histoire ancienne. Nous avons connu des pertes humaines, des familles entières, mais nous vivons dans ce pays et nous sommes heureux d’y vivre. Il y a peut-être eu des problèmes par le passé, mais aujourd’hui, c’est la paix », a-t-il confié.

En Turquie, Léon XIV a reçu un accueil chaleureux de la part de la petite communauté catholique, mais sa visite est restée discrète, notamment en raison d’un lourd dispositif de sécurité qui a empêché tout contact avec l’extérieur.

Il a cependant pris le temps de rencontrer en privé le père de Mattia Ahmet Minguzzi, victime à 14 ans, en janvier dernier, d’une agression mortelle dans un quartier populaire d’Istanbul qui avait choqué la Turquie.

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Le Monde avec AFP

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