Un ours brun dans un bois près de Melles, dans les Pyrénées françaises, le 4 juin 2021.

La population d’ours continue d’augmenter dans les Pyrénées, avec « un minimum de 108 individus différents sur l’ensemble [du massif] en 2025 », mais subit un appauvrissement de sa diversité génétique, selon un bilan annuel publié jeudi 26 mars par l’Office français de la biodiversité (OFB).

Cette population continue d’« augmenter progressivement sur le plan démographique » mais « on observe une augmentation de la consanguinité au cours des dernières années et une faible diversité génétique dans la population actuelle », conclut l’OFB, qui coordonne en France le réseau Ours brun. En 2024, l’OFB estime qu’il y avait au moins 107 ours dans le massif qui couvre la France, l’Espagne et Andorre, selon le dernier décompte établi avec différentes méthodes de suivi, comme l’analyse génétique d’échantillons de poils et de crottes.

Le taux d’accroissement moyen annuel de la population de l’animal entre 2006 et 2024 « est estimé à + 11,53 % pour l’ensemble des Pyrénées ». L’an dernier, un minimum de six portées totalisant huit oursons ont été détectées. Dans les années 1990, alors que l’espèce était menacée et qu’il ne restait qu’une poignée de spécimens dans la chaîne montagneuse, une campagne de réintroduction d’ours bruns originaires de Slovénie a été lancée.

« Génétiquement vulnérable »

Mais leur présence, qui s’étend sur le long terme malgré un léger recul de la surface occupée ces deux dernières années, est contestée par des éleveurs de bovins et d’ovins, qui se plaignent des prédations durant la période estivale, quand le bétail se trouve dans les hauts pâturages. Depuis plusieurs années, les associations mobilisées pour la défense de l’ours dans les Pyrénées regrettent pour leur part le silence des pouvoirs publics quant à de nouveaux lâchers d’ours.

L’association française Pays de l’Ours-Adet a commandé une expertise à un laboratoire privé indépendant, qui conclut que « malgré une croissance numérique encourageante ces dernières décennies, la population demeure génétiquement vulnérable en raison de son origine issue d’un nombre très restreint de fondateurs slovènes et de la disparition récente des derniers individus d’origine pyrénéenne ».

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L’Etat a commandé sa propre étude, dont les résultats complets sont attendus à la fin de l’année. Mais de premiers résultats « montrent que la consanguinité impacte négativement les premiers stades de la vie des ours (réduction de la taille des portées et de la distance de dispersion natale, baisse de la survie des oursons des mères les plus consanguines) et pourrait altérer le succès reproducteur des individus », affirme l’OFB dans son bilan.

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Le Monde avec AFP

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