Dans l’usine Nutzy, marque de beurre de cacahuète très populaire au Nigeria. A Lagos, le 27 février 2026.

C’est une progression impressionnante, qui illustre l’amélioration des fondamentaux économiques du Nigeria, première population d’Afrique et sixième du monde (233 millions d’habitants en 2024, selon la Banque mondiale). Le 3 mars, la banque centrale du pays a annoncé une augmentation de ses réserves de change de quelque 772 %. Soit 34,8 milliards de dollars (30,1 milliards d’euros) à la fin 2025, contre seulement 3,99 milliards deux ans plus tôt. De quoi aider à effacer l’un des cauchemars de ses investisseurs, contraints par le passé de patienter de long mois dans une « file d’attente » aux règles parfois impénétrables pour obtenir les billets verts nécessaires à leur activité.

Plus généralement, les voyants sont au vert chez le tourmenté premier producteur de pétrole d’Afrique. L’inflation a été divisée par deux, passant de 30 % à quand même 15 %. La banque centrale a commencé en conséquence à baisser les taux d’emprunt. Le produit intérieur brut, lui, a crû de près de 4 % en 2025, un plus-haut depuis 2022, malgré des cours de l’or noir modérés.

Les trois dernières années ont été pour le moins éprouvantes. Le chef de l’Etat, Bola Tinubu, arrivé au pouvoir mi-2023 et qui briguera un nouveau mandat dès janvier 2027, a mené de profondes réformes pour assainir l’économie. Libéralisé, le naira, la monnaie nationale, s’est effondré face au dollar – descendu sous le seuil de 1 000 nairas pour un dollar en 2024, il s’est depuis stabilisé à autour de 1 398 au 11 mars. La fin redoutée et brutale des subventions aux carburants, dès la prise de fonctions de Bola Tinubu, a eu un effet boule de neige sur toute l’économie.

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